<a class="btn pdf" download="HistoreFECFO.pdf" href="/data/histoire-fec.pdf" style="position: absolute;top: 30px;right: 30px;" target="_BLANK" title="Télécharger le document au format PDF"> <img alt="PDF" data-src-over="/css/img/picto-PDF-on.png" src="/css/img/picto-PDF.png" /></a>
<h3>
	Histoire des Employ&eacute;s et de leur F&eacute;d&eacute;ration, la FEC</h3>
<p style="text-align: justify;">
	<strong><span style="font-size:18px;">En quelques dates majeures, de 1848 &agrave; 2016, les luttes des employ&eacute;s syndicalement organis&eacute;s avec leur F&eacute;d&eacute;ration, la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s de 1893 devenue F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres en 1946.</span></strong><br />
	<br />
	<span style="font-size: 18px;">Autant de moments d&rsquo;espoir, de doutes et de victoires pour la fraternit&eacute; dans le progr&egrave;s social des hommes autant que des femmes et l&rsquo;&eacute;mancipation humaine.</span></p>
<h4>
	<br />
	1848 &ndash; 1892<br />
	Les pr&eacute;mices de la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s<br />
	et premi&egrave;re gr&egrave;ve contre le travail du dimanche</h4>
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	<h5>
		1848&nbsp;: <em>La Tribune des Employ&eacute;s</em>, premier journal du groupe social des Employ&eacute;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			<em>La Tribune des Employ&eacute;s</em>, dont le n&deg;1 para&icirc;t le lundi 3 avril 1848 (l&rsquo;adresse &eacute;tant le 60, rue des Martyrs), commence par ce titre&nbsp;: &laquo;<em>&nbsp;L&rsquo;Union fait la force</em>&nbsp;&raquo;.&nbsp;Elle poursuit par une approche qui a valeur historique, car c&rsquo;est la premi&egrave;re fois que les Employ&eacute;s prennent la parole, au plan social, et tentent de se d&eacute;finir, en tant que groupe et par la revendication <em>&laquo;&nbsp;l&rsquo;Employ&eacute; a le droit de revendiquer sa part dans les am&eacute;liorations possibles.&nbsp;Malheureusement, il faut le dire, cette classe, si nombreuse et si digne d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, est rest&eacute;e longtemps en butte &agrave; d&rsquo;injustes pr&eacute;ventions. Diss&eacute;min&eacute;e, m&eacute;connue jusqu&rsquo;ici, elle a compris enfin que, lorsque des voix &eacute;loquentes s&rsquo;&eacute;l&egrave;vent en faveur de l&rsquo;artisan, le moment est venu pour elle de se compter, de s&rsquo;organiser, de plaider sa cause, et d&rsquo;exposer, elle aussi, ses m&eacute;comptes dans le pass&eacute;, sa confiance et son espoir dans l&rsquo;avenir.&nbsp;&raquo;</em></p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		28 janvier 1869&nbsp;: Premi&egrave;re Chambre Syndicale</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La premi&egrave;re Chambre Syndicale est fond&eacute;e. Son si&egrave;ge social est au 30, rue Th&eacute;venot &agrave; Paris. Elle est pr&eacute;sid&eacute;e par Prosper Douvet, lequel franc-ma&ccedil;on fera partie de la d&eacute;l&eacute;gation ma&ccedil;onnique rencontrant Thiers le 22 avril 1871. Engag&eacute; dans les combats de la Commune, il gagnera Londres, sera condamn&eacute; le 2 juin 1874, pour &laquo;&nbsp;insurrection&nbsp;&raquo;, et amnisti&eacute; en 1879). Il y a rapidement 6 000 adh&eacute;rents. Cette fondation trouve son historique premi&egrave;re r&eacute;union le jeudi 28 janvier 1869. La r&eacute;solution suivante est adopt&eacute;e &agrave; l&rsquo;unanimit&eacute;&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Attendu que les patrons exigent des employ&eacute;s de commerce, un travail excessif sans analogue dans aucune profession [&hellip;] d&eacute;clarent qu&rsquo;il y a lieu de pourvoir sans retard &agrave; une r&eacute;organisation forte et lib&eacute;rale, ne reposant que sur l&rsquo;&eacute;nergie des employ&eacute;s qui veulent mettre un terme &agrave; leurs souffrances&nbsp;&raquo;</em>.</p>
	</div>
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	<h5>
		23 mai 1869&nbsp;: Premi&egrave;re gr&egrave;ve pour ne pas travailler le dimanche</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le 17 mai est d&eacute;cid&eacute;e une gr&egrave;ve pour obtenir le repos du dimanche, le 23 mai 1869. Cette Chambre Syndicale des Employ&eacute;s de Commerce (qui avait son si&egrave;ge au 44, rue des Je&ucirc;neurs) avait pr&eacute;par&eacute; une affiche :<br />
			&laquo;&nbsp;<em>AVIS AU PUBLIC</em><br />
			<em>Les membres de la chambre syndicale des Employ&eacute;s de commerce ont l&rsquo;honneur de pr&eacute;venir le public que les n&eacute;gociants en tissus de Paris, &agrave; l&rsquo;exception de quelques dissidents, ont consenti &agrave; la fermeture des magasins le dimanche. Les magasins seront donc ferm&eacute;s le dimanche &agrave; partir du dimanche 23 mai. Les employ&eacute;s de commerce font appel &agrave; la bienveillance du public pour les aider &agrave; rendre cette mesure g&eacute;n&eacute;rale&nbsp;&raquo;</em>.<br />
			Nombre de patrons passent outre. Ils doivent fermer d&egrave;s l&rsquo;apr&egrave;s-midi, faute d&rsquo;un personnel employ&eacute; qui a suivi le mot d&rsquo;ordre de la Chambre Syndicale. Ainsi, la premi&egrave;re victoire des employ&eacute;s en tant que groupe social syndicalement organis&eacute; concerne le travail du dimanche.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1885&nbsp;: Chambre Syndicale avec G&eacute;ly et Dalle</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La Chambre Syndicale des Employ&eacute;s est d&eacute;finitivement fond&eacute;e en mai 1885. C&rsquo;est un pas d&eacute;cisif, d&rsquo;autant que les deux figures centrales sont Victor Dalle et Andr&eacute; dit G&eacute;ly (Emmanuel), futurs dirigeants de la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s, l&rsquo;un repr&eacute;sentant l&rsquo;Union fraternelle et l&rsquo;autre la Chambre Syndicale. Cette Chambre Syndicale des Employ&eacute;s est suffisamment reconnue pour &ecirc;tre appel&eacute;e &agrave; r&eacute;pondre &agrave; un &laquo;&nbsp;<em>questionnaire de statistique</em>&nbsp;&raquo;, envoy&eacute; &agrave; l&rsquo;ensemble des Chambres syndicales, &agrave; l&rsquo;initiative de la Bourse du Travail, inaugur&eacute;e le 3 f&eacute;vrier 1887. Il est clairement r&eacute;pondu que sa date de fondation est mai 1885, que le nombre d&rsquo;adh&eacute;rents est de 2 225 et qu&rsquo;&agrave; propos de la loi de 1884&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>nous repoussons cette loi sur les Syndicats et nous ne nous y sommes jamais conform&eacute;s.</em>&nbsp;&raquo; Le vendredi 28 mai 1886, au 35 rue Jean-Jacques Rousseau, salle de la Redoute, se d&eacute;roule, tant avec Dalle que G&eacute;ly, une r&eacute;union de ce &laquo;&nbsp;syndicat des employ&eacute;s&nbsp;&raquo;, de cette chambre syndicale (la terminologie fluctue encore), pour sa premi&egrave;re ann&eacute;e. (<em>Prol&eacute;tariat </em>du 29 mai 1886). Ce qui importe, c&rsquo;est la pr&eacute;sence conjointe de G&eacute;ly et Dalle et l&rsquo;ordre du jour&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>de la situation mat&eacute;rielle et morale des employ&eacute;s, des moyens pratiques de l&rsquo;am&eacute;liorer&nbsp;&raquo;</em>.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1887&nbsp;: Le &laquo;&nbsp;Programme&nbsp;&raquo; de la Chambre syndicale des Employ&eacute;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Lors de son Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale du 6 avril 1887, la Chambre Syndicale des Employ&eacute;s adopte un programme qu&rsquo;elle veut commun aux travailleurs manuels&nbsp;: &laquo;<em>&nbsp;Seuls, parmi les salari&eacute;s, les Employ&eacute;s sont exclus des tribunaux de Prud&rsquo;hommes existants&nbsp;: nous demandons l&rsquo;extension de cette juridiction &agrave; tous les diff&eacute;rends entre patrons et salari&eacute;s, quel que soit leur m&eacute;tier. Et, pour la solution des litiges de tout ordre, nous demandons l&rsquo;introduction en mati&egrave;re judiciaire, du principe de l&rsquo;arbitrage et des jurys &eacute;lus par le suffrage universel&nbsp;; la limitation l&eacute;gale de la journ&eacute;e de travail &agrave; 8 heures pour les adultes-hommes&nbsp;; dans les bureaux, magasins, ateliers et manufactures, et sans diminution de salaire&nbsp;; la r&eacute;glementation effective du travail des femmes et des enfants&nbsp;; l&rsquo;extension du privil&egrave;ge &agrave; l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; des salaires des employ&eacute;s et ouvriers en mati&egrave;re de faillite, l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;une loi pour obliger les patrons &agrave; fixer les conditions de travail et de salaire par un contrat pass&eacute; entre eux les leurs employ&eacute;s, la dite loi d&eacute;terminant le d&eacute;lai dans lequel le contrat pourrait &ecirc;tre d&eacute;nonc&eacute; et fixant les indemnit&eacute;s &agrave; payer au cas o&ugrave; il serait rompu avant ce d&eacute;lai.</em><br />
			&nbsp;</p>
	</div>
</div>
<h4>
	<br />
	1893 &ndash; 1918<br />
	Fondation de la f&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s<br />
	et premi&egrave;re victoire avec la loi sur le repos dominical</h4>
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	<h5>
		1893&nbsp;: La fondation et les d&eacute;buts de la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Lors du Congr&egrave;s fondateur du 15 juillet 1893, l&rsquo;article 1er des statuts &eacute;nonce&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Entre tous les groupes d&rsquo;employ&eacute;s l&eacute;galement constitu&eacute;s (associations amicales, philanthropiques, chambres syndicales ou syndicats) [&hellip;] est form&eacute;e une [&hellip;] F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>. L&rsquo;article 4 des statuts affirme&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;La F&eacute;d&eacute;ration a pour but&nbsp;: 2&deg;unifier le travail d&rsquo;&eacute;mancipation en rendant compatibles les uns aux autres les int&eacute;r&ecirc;ts de cat&eacute;gories diff&eacute;rentes ; 3&deg;D&rsquo;&eacute;tudier les questions professionnelles, &eacute;conomiques et sociales qui lui seront soumises, de rechercher les moyens pratiques propres &agrave; les r&eacute;soudre, et en provoquer la solution par les moyens l&eacute;gaux, mettant en premi&egrave;re ligne [&hellip;] obtention de la juridiction des Prud&rsquo;hommes, repos hebdomadaire&nbsp;; diminution de la journ&eacute;e de travail&nbsp;; protection l&eacute;gale du travail dans les bureaux et magasins&hellip;&nbsp;&raquo;</em>. L&rsquo;article 28 est une mise au point, contre le corporatisme et certaines formes de mutuellisme&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Sont exclus (non admis &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration) les groupes qui, par leurs dispositions statutaires, sont susceptibles d&rsquo;accepter comme membres actifs des employeurs, et ceux qui, par refus de solidarit&eacute;, pourraient nuire &agrave; l&rsquo;ex&eacute;cution du programme que s&rsquo;est donn&eacute; la F&eacute;d&eacute;ration.&nbsp;&raquo;</em> Dans Le <em>Prol&eacute;taire </em>du 22 juillet est joint un document qui est le manifeste fondateur de la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s&nbsp;: <em>&laquo; [&hellip;] D&egrave;s maintenant, la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s, d&eacute;finitivement constitu&eacute;e, est d&eacute;j&agrave; une force, non seulement parce qu&rsquo;elle compte des groupements des plus grandes villes de province, mais aussi parce qu&rsquo;elle englobe d&eacute;j&agrave; &agrave; Paris six associations, dont l&rsquo;une, la Chambre Syndicale des Employ&eacute;s, compte plus de 6 000 adh&eacute;rents. Les autres sont&nbsp;: le Syndicat du gaz, les Employ&eacute;s aux &eacute;critures, le Cercle central des employ&eacute;s, l&rsquo;Alliance syndicale des auxiliaires de commerce et les Gar&ccedil;ons de magasin.&nbsp;&raquo; Il s&rsquo;agit, pour le groupe organis&eacute; des employ&eacute;s, de &laquo;&nbsp;conqu&eacute;rir au soleil social la place qui lui est due&nbsp;&raquo;</em>. Le 29 juillet, dans sa s&eacute;ance constitutive, le Conseil national (cens&eacute; comporter 31 membres) d&eacute;signe G&eacute;ly comme Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. G&eacute;ly, pr&eacute;matur&eacute;ment disparu, Dalle sera le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral et la principale figure de la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s (FNE).</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1895&nbsp;: Avec la CGT</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Lors du Congr&egrave;s fondateur de la CGT de Limoges, on trouve parmi les organisations ouvri&egrave;res, la &laquo;&nbsp;F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s&nbsp;&raquo;. Sont repr&eacute;sent&eacute;es 28 F&eacute;d&eacute;rations, 18 Bourses et 126 Chambres syndicales. Pour la FNE, fait partie des d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s &laquo;&nbsp;<em>Dalle, rue J. Bon, 12, Paris</em>&nbsp;&raquo;. Il est l&rsquo;un des 75 d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s. La premi&egrave;re intervention de Dalle est pour fixer &agrave; 15 le nombre de la Commission de la premi&egrave;re question &agrave; l&rsquo;ordre du jour. Cette question est la plus importante, pour la CGT naissante, &agrave; savoir le &laquo;<em>&nbsp;plan g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;organisation corporative</em>&nbsp;&raquo;, ce qui est accept&eacute; et Dalle est membre de cette commission.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1897&nbsp;: le Congr&egrave;s de 1897</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Il a pour but <em>&laquo; de reprendre, d&#39;&eacute;largir, d&#39;asseoir sur des bases solides et d&eacute;finitives cette F&eacute;d&eacute;ration d&#39;Employ&eacute;s organis&eacute;e en 1893 [&hellip;] du Congr&egrave;s de 1897 sortira cette F&eacute;d&eacute;ration puissante seule capable d&#39;assurer la r&eacute;alisation de vos r&ecirc;ves de justice et d&#39;&eacute;galit&eacute;. Vive l&#39;Union des Employ&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>. Arthur Rozier succ&egrave;de &agrave; Victor Dalle.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1er juillet 1900&nbsp;: Avec Jaur&egrave;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le 1er juillet 1900 a lieu la F&ecirc;te des Employ&eacute;s, en pr&eacute;sence tant de Jean Jaur&egrave;s et L&eacute;on Martinet que de Sarah Bernhardt et du po&egrave;te Maurice Bouchor venu r&eacute;citer le po&egrave;me &laquo;&nbsp;<em>Le Pain</em>&nbsp;&raquo;, tandis que Jehan Rictus, &eacute;voquait la noire mis&egrave;re des gueux, avec ses &laquo;&nbsp;<em>Soliloques du pauvre</em>&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est dire, &agrave; tout le moins, la repr&eacute;sentativit&eacute; reconnue de la FNE. (APP Ba 152 - dossier Chambre syndicale des Employ&eacute;s de la R&eacute;gion Parisienne). Lors de la F&ecirc;te organis&eacute;e dans la grande salle des F&ecirc;tes du Trocad&eacute;ro, ce 1er juillet 1900, pour la Caisse de ch&ocirc;mage, en pr&eacute;sence de Jaur&egrave;s et Marie Bonnevial, il y a pr&egrave;s de<br />
			2 500 personnes. Jaur&egrave;s assure que c&rsquo;est pour lui un &laquo;&nbsp;<em>paradoxe</em>&nbsp;&raquo; que des travailleurs doivent lutter pour obtenir un jour de repos par semaine, mais que le mouvement est lanc&eacute; et que le prol&eacute;tariat, dont la cause est juste, doit triompher. Il s&rsquo;en prend &agrave; la &laquo;&nbsp;<em>folie de l&rsquo;armement</em>&nbsp;&raquo; qui conduit &agrave; la ruine, alors qu&rsquo;il faut travailler ensemble pour la paix et le bien-&ecirc;tre de l&rsquo;humanit&eacute;.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1900&nbsp;: La F&eacute;d&eacute;ration Internationale des Employ&eacute;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le premier Congr&egrave;s international des Employ&eacute;s a lieu en m&ecirc;me temps que le sixi&egrave;me Congr&egrave;s de la FNE et dans la m&ecirc;me salle, les 7 et 8 septembre 1900. Etaient repr&eacute;sent&eacute;es l&rsquo;Union des Employ&eacute;s de Commerce de Londres (Guest)&nbsp;; l&rsquo;Union Nationale des Employ&eacute;s de Bradfort (Wilson)&nbsp;; l&rsquo;Association g&eacute;n&eacute;rale des Employ&eacute;s de Gand (Leperre, Soirou, d&rsquo;Hollander)&nbsp;; la Ligue Nationale des Employ&eacute;s de Gand (Bruggeman, Bologne, Troelet)&nbsp;; la Soci&eacute;t&eacute; mutuelle des Employ&eacute;s de Bruxelles (Gicart)&nbsp;; le Syndicat des Employ&eacute;s socialistes de Bruxelles (Gr&eacute;goire, Servy)&nbsp;; le Syndicat des Employ&eacute;s de Li&egrave;ge (Carl, Breyer, Antoine, Leblanc)&nbsp;; la Ligue Nationale des Employ&eacute;s de Commerce et Bureaux d&rsquo;Amsterdam (Odink)&nbsp;; la Soci&eacute;t&eacute; de Pr&eacute;voyance des Employ&eacute;s de Rome et l&rsquo;Union des Employ&eacute;s de Commerce de Milan (Luigi, Stringa, Doglio). Ce qui permet la constitution de la F&eacute;d&eacute;ration Internationale des Employ&eacute;s, dont le premier Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral est le belge Auguste Bruggeman.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1905&nbsp;: Gr&egrave;ve chez Dufayel</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Une affiche de la Chambre Syndicale et du Comit&eacute; de gr&egrave;ve s&rsquo;adresse &agrave; la solidarit&eacute; des Parisiens et des travailleurs pour les employ&eacute;s &laquo;&nbsp;<em>en gr&egrave;ve au nombre de 2000</em>&nbsp;&raquo; et proclame&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>vive la solidarit&eacute; ouvri&egrave;re&nbsp;! Vive la gr&egrave;ve des Etablissements Dufayel</em>&nbsp;&raquo;, un des plus grands magasins de Paris. 300 employ&eacute;s continuent &agrave; travailler (selon la pr&eacute;fecture de police) et 60, selon <em>L&rsquo;Humanit&eacute; </em>du 20 d&eacute;cembre, l&rsquo;article, en une, qui sous-titre <em>&laquo;&nbsp;admirable solidarit&eacute; des employ&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>. Les autres grands magasins (Galeries Lafayette ou La Samaritaine, avec 1 000 et 2 500 employ&eacute;s) ne se joignent pas au conflit, mais les employ&eacute;s des Galeries apportent un soutien financier, comme ceux du BHV. Le travail reprend le 27. Un proc&egrave;s-verbal est sign&eacute; entre Dufayel de six d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s des deux sections syndicales. L&rsquo;ensemble du personnel est r&eacute;int&eacute;gr&eacute;. Le mouvement social, chez Dufayel, qui dure de mai &agrave; d&eacute;cembre, est important pour les employ&eacute;s et pour la r&eacute;duction du temps de travail (&agrave; 10 heures par jour, en l&rsquo;occurrence). Camille Devilar tire le bilan d&rsquo;un mouvement qui ne nous a &laquo;&nbsp;pas donn&eacute; de d&eacute;faite, n&rsquo;a pas enfant&eacute; non plus une &eacute;clatante victoire&nbsp;&raquo; (<em>La Voix du Peuple </em>du 7 janvier&nbsp;1906). La victoire des gr&eacute;vistes est surtout morale, tant l&rsquo;Union des Employ&eacute;s a &eacute;t&eacute; nette et majoritaire.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1906&nbsp;: Loi interdisant le travail le dimanche</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Grande victoire pour la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Syndicats d&#39;Employ&eacute;s (FNSE) d&rsquo;un combat initi&eacute; par elle et soutenu depuis 1869 que le vote de la loi interdisant le travail le dimanche&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Loi du 13 juillet 1906&nbsp;: article 1er&nbsp;: il est interdit d&rsquo;occuper plus de six jours par semaine un m&ecirc;me employ&eacute; ou ouvrier dans un &eacute;tablissement industriel ou commercial. article 2&nbsp;: le repos hebdomadaire doit &ecirc;tre donn&eacute; le dimanche&nbsp;&raquo;</em>.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1909&nbsp;: Pour Francisco Ferrer</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Les 16 et 17 octobre 1909, la CGT organise des manifestations en l&rsquo;honneur de Francisco Ferrer (avec la SFIO et les anarchistes). La FNSE y participe. Sous le titre <em>&laquo;&nbsp;Merci Paris&nbsp;&raquo;</em>, <em>L&rsquo;Humanit&eacute; </em>du 18 octobre pr&eacute;cise qu&rsquo;aux cris de <em>&laquo;&nbsp;Vive Ferrer&nbsp;! A bas la calotte&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;il y a dans ces manifestants des citoyens de toutes les cat&eacute;gories, des employ&eacute;s, des ouvriers, et c&rsquo;est bien le Paris qui travaille, le Paris g&eacute;n&eacute;reux et vibrant, qui d&eacute;file&nbsp;&raquo;</em>. Il y a plus de 100 000 manifestants. La seconde manifestation se d&eacute;roule avec autorisation pr&eacute;fectorale&nbsp;; ce qui est une premi&egrave;re. L&rsquo;Humanit&eacute; du 25 octobre 1909 propose une <em>&laquo;&nbsp;tribune syndicale/Aux Employ&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>, sign&eacute;e Cleuet, mettant en cause Briand, car <em>&laquo;&nbsp;la loi sur le repos hebdomadaire sera r&eacute;vis&eacute;e prochainement et contre notre gr&eacute;.&raquo;</em></p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1912&nbsp;: Licenci&eacute;e pour d&eacute;faut de g&eacute;nuflexion</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Un conflit significatif a lieu en f&eacute;vrier 1912. A Lyon, <em>&laquo;&nbsp;France Moderne&nbsp;&raquo;</em> (succursale de <em>&laquo;&nbsp;Paris France&nbsp;&raquo;</em>, groupe qui deviendra les Nouvelles Galeries&hellip;), n&rsquo;avait pas manqu&eacute; de faire conna&icirc;tre son id&eacute;ologie d&rsquo;Ancien r&eacute;gime, en licenciant une employ&eacute;e qui avait n&eacute;glig&eacute; de faire une g&eacute;nuflexion devant une cliente. L&rsquo;employ&eacute;e syndiqu&eacute;e avait 16 ans d&rsquo;anciennet&eacute;, et il y avait 100 syndiqu&eacute;s sur les 150 employ&eacute;s. Le 31 janvier, la d&eacute;cision &eacute;tait maintenue, en d&eacute;pit d&rsquo;une d&eacute;l&eacute;gation de salari&eacute;s aupr&egrave;s de la Direction. Le 5 f&eacute;vrier, le Syndicat fait savoir, en vain que voulant &laquo;&eacute;viter le conflit&nbsp;&raquo;, il demande <em>&laquo;&nbsp;la r&eacute;int&eacute;gration imm&eacute;diate de notre camarade&nbsp;&raquo;</em>. Le 6 f&eacute;vrier, 120 employ&eacute;s sur 125 sont en gr&egrave;ve. En solidarit&eacute;, 48 courtiers-encaisseurs de <em>&laquo;&nbsp;Paris-Lyon&nbsp;&raquo;</em> se mettent en gr&egrave;ve, suivies par les succursales de Vienne, Givors, Annonay. Le 15 f&eacute;vrier, le Bureau de la FNSE publie une circulaire c&eacute;l&eacute;brant la <em>&laquo;&nbsp;solidarit&eacute;&nbsp;&raquo;</em> des employ&eacute;s et mettant en cause les contrats de travail de &laquo;&nbsp;Paris France&nbsp;&raquo;, tout en organisant le soutien financier &agrave; la gr&egrave;ve et un affichage dans toutes les villes o&ugrave; se trouve un magasin de &laquo;&nbsp;Paris France&nbsp;&raquo;. L&rsquo;affiche titre&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Employ&eacute;s Debout contre l&rsquo;arbitraire patronal&nbsp;&raquo;</em>. Outre la r&eacute;int&eacute;gration de la salari&eacute;e &eacute;tait demand&eacute;e la <em>&laquo;&nbsp;conqu&ecirc;te du contrat collectif de travail&nbsp;&raquo;</em>. Pendant quarante-quatre jours, des manifestations ont lieu. &laquo;&nbsp;France-Moderne&nbsp;&raquo; ne peut rouvrir qu&rsquo;au bout d&rsquo;un mois, avec le recours &agrave; 50 gardes &agrave; cheval et 400 gardiens de la paix. Apr&egrave;s plus de trois mois de gr&egrave;ve, une coop&eacute;rative de vente est cr&eacute;&eacute;e, &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;Activit&eacute;&nbsp;</em>&raquo;. Dans son rapport, Monin, Vice-pr&eacute;sident de la Section Commerce des Prud&rsquo;hommes, assure qu&rsquo;il n&rsquo;y a l&agrave; ni vainqueur, ni vaincu, mais que les employ&eacute;s <em>&laquo;&nbsp;ont pris conscience de leur force, ils ont fait tomber les derni&egrave;res barri&egrave;res qui les s&eacute;paraient de leurs fr&egrave;res ouvriers&nbsp;&raquo;</em>.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1917&nbsp;: Grande gr&egrave;ve f&eacute;minine de mai 1917 et la loi sur la &laquo;&nbsp;semaine anglaise&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			En mai 1917, commence chez Jenny, aux Champs Elys&eacute;es, une gr&egrave;ve des ouvri&egrave;res qui demandent le paiement int&eacute;gral de la semaine, en l&rsquo;occurrence la semaine anglaise. Elles demandent une prime de vie ch&egrave;re de 1 franc pour les ouvri&egrave;res et de cinquante centimes pour les apprenties. Les gr&eacute;vistes se r&eacute;unissent &agrave; la Bourse du travail, l&rsquo;apr&egrave;s-midi du 14 mai, pour la poursuite du mouvement et son &eacute;largissement. Aux 250 ouvri&egrave;res de la maison Jenny s&rsquo;adjoignent les 500 ouvri&egrave;res de la maison Cherruit, place Vend&ocirc;me. Puis les ouvri&egrave;res des Galeries Lafayette et du Printemps rejoignent la gr&egrave;ve, le 17&nbsp;; de sorte que la gr&egrave;ve est g&eacute;n&eacute;rale, avec 10&nbsp;000 gr&eacute;vistes, dans 80 maisons. Le 25 juin, 3 000 employ&eacute;es de la Soci&eacute;t&eacute; G&eacute;n&eacute;rale quittent l&rsquo;avenue Kl&eacute;ber pour se rendre au si&egrave;ge social de l&rsquo;entreprise, en d&eacute;pit des menaces de la police. Au Cr&eacute;dit Lyonnais et au Conseil National d&rsquo;Escompte, le mouvement suit. Le personnel des restaurants demande la semaine anglaise, tandis que la gr&egrave;ve touche la cartonnerie, la papeterie. La Chambre des D&eacute;put&eacute;s est amen&eacute;e &agrave; examiner le projet de loi sur la semaine anglaise. Le 12 juin, le <em>J.O. </em>publie le texte de la loi&nbsp;: <em>&laquo;Le S&eacute;nat et la Chambre des D&eacute;put&eacute;s ont adopt&eacute;, Le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique promulgue la loi dont la teneur suit</em> : Art. 1er : <em>Pendant la dur&eacute;e de la guerre et tant qu&rsquo;une loi g&eacute;n&eacute;rale ne sera pas intervenue, dans les industries vis&eacute;es par l&rsquo;article&nbsp;33 du Livre 1er du code du travail et de la pr&eacute;voyance sociale, le repos pendant l&rsquo;apr&egrave;s-midi du samedi sera assur&eacute; aux ouvri&egrave;res de tout &acirc;ge dans des conditions d&eacute;termin&eacute;es, pour chaque profession et pour chaque r&eacute;gion, en tenant compte des besoins du travail dans les diverses saisons, par des r&egrave;glements d&rsquo;administration publique, qui se r&eacute;f&eacute;reront, dans les cas o&ugrave; il en existera, aux accords intervenus entre les syndicats patronaux et ouvriers de la profession et de la r&eacute;gion&raquo;.</em><br />
			&nbsp;</p>
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</div>
<h4>
	<br />
	1919 &ndash; 1939<br />
	Assurances sociales et le Front Populaire,<br />
	le temps des conqu&ecirc;tes</h4>
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	<h5>
		1919&nbsp;: 17e Congr&egrave;s d&rsquo;avril 1919 de la FNSE&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Vive Jaur&egrave;s</em>&nbsp;&raquo;</h5>
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		<p style="text-align: justify;">
			Le 17&egrave;me Congr&egrave;s de la FNSE se tient au si&egrave;ge de la CGT, les 21 et 22 avril 1919. Il est pr&eacute;cis&eacute;, par Georges Buisson, qui est le Secr&eacute;taire administratif&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les syndicats qui ont cess&eacute; de fonctionner du fait de la guerre devront &ecirc;tre &agrave; jour, &agrave; dater de leur reconstitution&nbsp;&raquo;. Dans son rapport moral, Buisson expose&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;La guerre est venue au moment m&ecirc;me o&ugrave; allait se tenir le 17&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral. La situation int&eacute;rieure &eacute;tait excellente. Le conflit entre deux organisations parisiennes &eacute;tait termin&eacute;. Une fusion venait d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e, non de forme, mais fonci&egrave;rement sinc&egrave;re. L&rsquo;avenir se pr&eacute;sentait sous des aspects riants. H&eacute;las&nbsp;! Le cataclysme a tout d&eacute;truit. Beaucoup de bons militants ne sont plus, des organisations sont disparues.&nbsp;&raquo;.</em> Il conclut&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Le Comit&eacute; f&eacute;d&eacute;ral que vous nommerez devra poss&eacute;der des moyens d&rsquo;agir qui autrefois lui faisaient d&eacute;faut. L&rsquo;action de la f&eacute;d&eacute;ration devra aussi &ecirc;tre li&eacute;e &agrave; celle de la CGT beaucoup plus qu&rsquo;autrefois&nbsp;&raquo;. Le second jour est vot&eacute;e une motion&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le Congr&egrave;s d&eacute;cide qu&rsquo;un permanent administratif sera d&eacute;sign&eacute;. Il sera employ&eacute; tous les jours&nbsp;&raquo;. Le Congr&egrave;s adopte un ordre du jour par lequel il &laquo;&nbsp;d&eacute;cide de lutter pour faire r&eacute;aliser au plus t&ocirc;t les mesures suivantes :<br />
			1. Augmentation des salaires en rapport avec le co&ucirc;t de la vie&nbsp;; 2. Substitution des communes et des coop&eacute;ratives aux interm&eacute;diaires inutiles pour l&rsquo;achat et la r&eacute;partition des denr&eacute;es&nbsp;; 3. La nationalisation des moyens de transport&nbsp;; 4. Le libre &eacute;change international.&nbsp;&raquo;</em>. Il se d&eacute;clare favorable &agrave; un &laquo;&nbsp;salaire minimum n&eacute;cessaire &agrave; un individu&nbsp;&raquo;, qui est fix&eacute;, dans Paris et les grands centres, &agrave; &laquo;&nbsp;cinq cents francs par mois&nbsp;&raquo;. Le permanent administratif, &eacute;lu &agrave; l&rsquo;unanimit&eacute;, est Georges Buisson, auquel revient de faire revivre la FNSE.</p>
	</div>
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	<h5>
		Mai-juin 1919&nbsp;: Un grand &eacute;lan pour la justice sociale</h5>
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		<p style="text-align: justify;">
			Vaste et dur conflit que celui d&eacute;marr&eacute; en mai 1919, en partie li&eacute; &agrave; l&rsquo;application de la loi des huit heures, que bien des patrons ne veulent appliquer qu&rsquo;avec une diminution des salaires&nbsp;; alors m&ecirc;me que la loi pr&eacute;cise&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;La diminution des heures de travail ne doit pas entra&icirc;ner la diminution de la production&nbsp;&raquo;</em>. Ce qui est remarquable, c&rsquo;est que le mouvement initi&eacute; en mai (20&nbsp;000 gr&eacute;vistes) &eacute;tait corporatif, touchant d&rsquo;abord l&rsquo;habillement, le cin&eacute;ma, le caoutchouc, les polisseurs nickeleurs. Puis un Comit&eacute; d&rsquo;entente des Conseils syndicaux de la Voiture et Aviation et de la M&eacute;tallurgie, adresse un cahier de revendications au patronat, demandant une r&eacute;ponse pour le 1er juin (le patronat renvoyant au 5). Alors, le Comit&eacute; d&rsquo;entente se transforme en comit&eacute; de gr&egrave;ve. Ce qui est adopt&eacute;, lors de meetings tenus &agrave; la Bourse du Travail et au si&egrave;ge de la CGT, le 1er juin, pour application le lendemain de la gr&egrave;ve. Les m&eacute;tallurgistes et avionneurs &eacute;taient 80&nbsp;000 en gr&egrave;ve, le 2, 150&nbsp;000 le lendemain. Pour ce qui concerne la gr&egrave;ve des employ&eacute;s du Printemps (4 500), elle devait se terminer le 4 juin, avec satisfaction pour la journ&eacute;e de 8 heures et l&rsquo;augmentation des salaires. La Direction du Printemps fait savoir que le cahier de revendications concerne aussi les autres grands magasins. Des mouvements protestataires se d&eacute;veloppent, fin juin, &agrave; La Samaritaine, au Louvre, mais que c&rsquo;est surtout aux Galeries Lafayette que le cahier de revendications est &eacute;tabli comme au Printemps. R&eacute;unis le 30 mai, &agrave; la Bourse, les employ&eacute;s accordent leur confiance &agrave; la FNSE et &agrave; Buisson, qui indique que les salaires sont insuffisants, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de salaire minimum et que la Direction semble d&rsquo;accord pour la semaine anglaise et la journ&eacute;e de huit heures.</p>
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	<h5>
		1923&nbsp;: Pour les Assurances Sociales</h5>
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		<p style="text-align: justify;">
			Le 7 novembre, le meeting de la Chambre Syndicale est consacr&eacute; aux Assurances sociales. Buisson d&eacute;clare&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est une n&eacute;cessit&eacute;, non seulement parce que les travailleurs d&rsquo;Alsace-Lorraine en b&eacute;n&eacute;ficient d&eacute;j&agrave;, mais aussi parce que c&rsquo;est la fin de la l&eacute;gislation actuelle et qu&rsquo;il faut bien que les parlementaires apportent quelque chose &agrave; leurs &eacute;lecteurs&hellip;&nbsp;&raquo;</em>. Les parlementaires venaient d&rsquo;att&eacute;nuer la port&eacute;e de la loi en substituant la prime de naissance pour une prime d&rsquo;allaitement et supprimant les soins gratuits aux retrait&eacute;s. Buisson insiste sur le caract&egrave;re obligatoire que doivent avoir les Assurances sociales (le patronat les voulait facultatives)&nbsp;; d&rsquo;autant que cette loi <em>&laquo;&nbsp;procurera aux travailleurs des avantages imm&eacute;diats et sera un grand pas vers leur &eacute;mancipation&nbsp;&raquo;</em> La loi sur les Assurances sociales de 1930 voit l&rsquo;opposition &agrave; cet acquis social qui pr&eacute;figure la S&eacute;curit&eacute; Sociale de la CGTU communiste, fond&eacute;e par scission de la CGT en 1922. H. Raynaud, dirigeant du PC et de la CGTU, &eacute;crit dans <em>Vie Ouvri&egrave;re</em> du 2 f&eacute;vrier 1930&nbsp;: <em>&laquo; &agrave; bas la loi fasciste des assurances sociales&nbsp;&raquo;</em>. La CGT conf&eacute;d&eacute;r&eacute;e, &agrave; l&rsquo;inverse, dans le cadre de la loi, mettra en place les Caisses &laquo;&nbsp;Le Travail&nbsp;&raquo;, g&eacute;r&eacute;es par les assur&eacute;s, et dont Buisson sera le Pr&eacute;sident. N&eacute;anmoins, Buisson ne cache pas que <em>&laquo;&nbsp;la loi de 1930 contient de nombreuses lacunes et des faiblesses&nbsp;&raquo;</em> et qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre en place <em>&laquo;&nbsp;une v&eacute;ritable loi de d&eacute;fense de la sant&eacute; publique&nbsp;&raquo;</em>.</p>
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	<h5>
		1925&nbsp;: Gr&egrave;ve dans les banques</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le tout d&eacute;but de la gr&egrave;ve de 1925 est le fait des Employ&eacute;s de Marseille, &agrave; compter du 20 juillet, avec les conf&eacute;d&eacute;r&eacute;s Bastilica, Gazagnaire, Secr&eacute;taire f&eacute;d&eacute;ral, et Berne. Puis elle gagne la Banque Nationale de Cr&eacute;dit, le 28 juillet&nbsp;; le 30 juillet le Cr&eacute;dit Lyonnais est en gr&egrave;ve et le Conseil National d&rsquo;Escompte, le 31. La FNSE fait placarder une affiche qui clame&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Camarades, Les ploutocrates de la Banque essayent de recruter dans vos rangs des briseurs de gr&egrave;ve [&hellip;] Vous vous refuserez &agrave; faire cette besogne, quelles que soient les promesses faites&nbsp;&raquo;</em>. Le Comit&eacute; Central de gr&egrave;ve r&eacute;uni &agrave; la Bourse du Travail, le 2 septembre, d&eacute;cide la poursuite de la gr&egrave;ve, qui sera un &eacute;chec, en d&eacute;pit de son ampleur, du fait de la division syndicale. L&rsquo;affiche de la Chambre Syndicale des Employ&eacute;s de Banque et de Bourse, sous le titre <em>&laquo;&nbsp;A l&rsquo;Opinion Publique&nbsp;&raquo; tire le dur bilan&nbsp;du conflit : &laquo;&nbsp;La population parisienne toute enti&egrave;re, si sympathique au mouvement d&eacute;clench&eacute; par les employ&eacute;s de Banque de Paris, pendant pr&egrave;s de sept semaines, n&rsquo;ignore pas que ceux-ci n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; vaincus que par la faim. La rage au c&oelig;ur, la majorit&eacute; des &ldquo;mis&eacute;reux en faux-cols&rdquo; ont d&ucirc; r&eacute;int&eacute;grer leurs bureaux, mais l&rsquo;esprit de revanche et de haine de plusieurs banquiers devait produire son effet. Plus de 400 camarades parisiens sont licenci&eacute;s. Pour pallier cette situation de mis&egrave;re, nous faisons appel&nbsp;: A la Solidarit&eacute; Ouvri&egrave;re.&nbsp;&raquo;</em></p>
	</div>
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	<h5>
		1930&nbsp;: 25&egrave;me Congr&egrave;s, travail des femmes et &eacute;lection de Capocci</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Suzanne Buisson d&eacute;fend, contre l&rsquo;avis de certains syndiqu&eacute;s, <em>&laquo;&nbsp;une tendance g&eacute;n&eacute;rale vers le d&eacute;veloppement de l&rsquo;ind&eacute;pendance f&eacute;minine et de la personnalit&eacute; f&eacute;minine. Je crois que ce d&eacute;veloppement de la personnalit&eacute; et de l&rsquo;ind&eacute;pendance f&eacute;minines ne peut s&rsquo;appuyer v&eacute;ritablement que sur une ind&eacute;pendance &eacute;conomique&hellip;je pense qu&rsquo;il faut entrer r&eacute;solument dans la voie de l&rsquo;augmentation du travail pour l&rsquo;augmentation des salaires et l&rsquo;all&eacute;gement des t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res, par les m&eacute;thodes nouvelles de l&rsquo;am&eacute;nagement du foyer.&nbsp;&raquo;</em> ; ce qui conduit &agrave; une R&eacute;solution condamnant le travail &agrave; mi-temps comme <em>&laquo;&nbsp;conception p&eacute;rim&eacute;e du travail f&eacute;minin&nbsp;&raquo;</em>..Enfin, commentant la loi du 30 avril 1930 sur les Assurances sociales, le Congr&egrave;s adopte une motion, pr&eacute;sent&eacute;e par Buisson&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Les employ&eacute;s sont pour les Assurances sociales. Les employ&eacute;s sont pour le versement ouvrier qu&rsquo;ils acceptent au m&ecirc;me titre que leurs camarades des services publics. Mais ils consid&egrave;rent que l&rsquo;application de la loi qu&rsquo;ils ont r&eacute;clam&eacute;e ne saurait signifier pour eux l&rsquo;abandon de tout effort pour am&eacute;liorer leurs salaires&nbsp;&raquo;</em>. Oreste Capocci est &eacute;lu Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral.</p>
	</div>
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	<h5>
		12 f&eacute;vrier 1934&nbsp;: Le fascisme ne passera pas</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Pour contrer la tentative fascisante du 6 f&eacute;vrier 1934, la CGT d&eacute;cide la Gr&egrave;ve G&eacute;n&eacute;rale, limit&eacute;e &agrave; 24 heures, effective lundi 12 f&eacute;vrier. Gr&acirc;ce &agrave; cette initiative de la CGT, le fascisme reculera. Dans son &eacute;ditorial (<em>L&rsquo;Echo des Employ&eacute;s</em>, n&deg;90), Capocci &eacute;crit&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est aux classes laborieuses, aux salari&eacute;s, aux paysans, aux intellectuels et &agrave; tous ceux qui vivent de leur travail qu&rsquo;il appartient de se grouper et d&rsquo;imposer leur volont&eacute; pour supprimer le ch&ocirc;mage et mettre fin au r&eacute;gime de concussions et de compromissions&nbsp;&raquo;</em>. Il ajoute, pour la journ&eacute;e du 12&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Gr&egrave;ve politique&nbsp;! a dit la Conf&eacute;d&eacute;ration des travailleurs chr&eacute;tiens pour justifier son attitude inqualifiable donnant ordre &agrave; ses syndiqu&eacute;s de rester &agrave; leur poste. Allons donc&nbsp;! Ne savons-nous pas que le triomphe du fascisme, c&rsquo;est la destruction de la libert&eacute; tout court, la suppression des lois sociales, la mort des Assurances sociales, la fin des huit heures et toutes les lois p&eacute;niblement acquises apr&egrave;s 40 ans de luttes incessantes&nbsp;?&raquo;</em> Le retentissant succ&egrave;s de la gr&egrave;ve du 12 f&eacute;vrier, initi&eacute;e par la CGT conf&eacute;d&eacute;r&eacute;e (rejointe par la CGTU communiste, apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;chec de sa propre manifestation du 9 f&eacute;vrier) va conduire, &agrave; compter de la fin 1934, &agrave; un retour de la CGTU au sein de la CGT et au Rassemblement populaire, le 14 juillet 1935 (CGT avec la LDH, le Parti socialiste, le Parti communiste et le Parti radical), qui deviendra le Front populaire.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		16 d&eacute;cembre 1935&nbsp;: R&eacute;unification de la FNSE</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le 16 d&eacute;cembre 1935, la F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Syndicats d&rsquo;Employ&eacute;s est r&eacute;unifi&eacute;e, &agrave; la suite d&rsquo;un accord pass&eacute; le 7 d&eacute;cembre. Les termes&nbsp;4 et 5 de l&rsquo;accord pr&eacute;voient que <em>&laquo;4.&nbsp;En attendant la tenue du Congr&egrave;s qui devra d&eacute;signer sa nouvelle Commission ex&eacute;cutive, il sera adjoint quinze camarades conf&eacute;d&eacute;r&eacute;s et quatre unitaires 5. Pour le Bureau F&eacute;d&eacute;ral, il sera adjoint aux titulaires conf&eacute;d&eacute;r&eacute;s un camarade unitaire comme Secr&eacute;taire adjoint f&eacute;d&eacute;ral&nbsp;&raquo;. Il est pr&eacute;cis&eacute; que les syndicats adh&eacute;rents &laquo;7.&nbsp;Pratiqueront leur fusion respective comme il est indiqu&eacute; dans la circulaire du 18 octobre&nbsp;8. A dater du 16 d&eacute;cembre 1935, le si&egrave;ge de la F&eacute;d&eacute;ration sera centralis&eacute; &agrave; la Bourse du Travail, 3, rue du Ch&acirc;teau d&rsquo;Eau, Paris (10e)&nbsp;&raquo;</em>. Le point&nbsp;9 de l&rsquo;accord&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Les militants responsables des deux F&eacute;d&eacute;rations s&rsquo;engagent sur l&rsquo;honneur &agrave; soutenir devant le Congr&egrave;s de fusion les statuts &eacute;labor&eacute;s d&rsquo;un commun accord, la libert&eacute; de chacun restant enti&egrave;re sur le point litigieux des incompatibilit&eacute;s. Jusqu&rsquo;au Congr&egrave;s, le Bureau est ainsi constitu&eacute;&nbsp;: Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral (seul permanent)&nbsp;: Capocci&nbsp;; Secr&eacute;taires adjoints&nbsp;: Blanche&nbsp;Moine (&eacute;lue &agrave; la CE en 1924), Delon (principal dirigeant CGTU), Dannely&nbsp;; Tr&eacute;sorier&nbsp;; P. Paris&nbsp;; Tr&eacute;sorier adjoint&nbsp;: Vuacheux&nbsp;; Archiviste&nbsp;: Daveau&nbsp;&raquo;</em> (<em>La Voix du Peuple</em>, n&deg;182, d&eacute;cembre 1935). La fusion sera effective lors du Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral d&rsquo;avril 1936.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		Juin 1936&nbsp;: Gr&egrave;ve dans les grands magasins</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Pour les employ&eacute;s la gr&egrave;ve, commence le samedi 6 juin 1936, avec la rencontre d&rsquo;une d&eacute;l&eacute;gation des syndiqu&eacute;s des Galeries Lafayette, accompagn&eacute;s de Capocci et de la Direction qui n&rsquo;entend pas n&eacute;gocier. La gr&egrave;ve commence, les portes de l&rsquo;&eacute;tablissement restant ferm&eacute;es. A 11 heures, il en &eacute;tait de m&ecirc;me au Printemps, avec installation des piquets de gr&egrave;ve. A la Samaritaine, des bagarres ont lieu, vers 18 heures, des chefs de service voulant emp&ecirc;cher la gr&egrave;ve. Il en est de m&ecirc;me au Louvre. Seul Le Bon March&eacute; semble rester &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, mais l&rsquo;unit&eacute; du mouvement le conduit &agrave; fermer ses portes&nbsp;; tout comme les Prix Uniques. Ce 6 juin est le jour o&ugrave; Blum obtient la confiance par 384 voix contre 210. La F&eacute;d&eacute;ration publie un communiqu&eacute;&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Le puissant mouvement de gr&egrave;ve qui se d&eacute;veloppe chez les employ&eacute;s a pour but l&rsquo;obtention des conditions de vie compatibles avec les n&eacute;cessit&eacute;s actuelles. Les Galeries Lafayette et annexes, le Printemps, les Trois Quartiers, le Bazar de l&rsquo;H&ocirc;tel de Ville, Esders, Sigrand, les Uniprix, les Monoprix et d&rsquo;autres magasins &agrave; prix uniques font unanimement la gr&egrave;ve. A La Samaritaine, ce sont les travailleurs des annexes et des services de livraison qui ont arr&ecirc;t&eacute; le fonctionnement des magasins qui sont maintenant ferm&eacute;s. Au Bon March&eacute;, c&rsquo;est la direction qui a ferm&eacute; le magasin [&hellip;] La Chambre syndicale des Employ&eacute;s en gr&egrave;ve, a conduit et continuera &agrave; conduire le mouvement dans le calme et la discipline et la dignit&eacute; indispensables jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;aboutissement des revendications de toutes cat&eacute;gories&nbsp;&raquo;</em> (Le Populaire du 7 juin). Le mouvement global va durer 17 jours, jusqu&rsquo;&agrave; la victoire acquise le 21 juin, permettant &agrave; la FNSE d&rsquo;affirmer&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Pour nous qui connaissons quels salaires mis&eacute;rables &eacute;taient pratiqu&eacute;s dans certains magasins, pour nous qui savons quelle chasse &eacute;tait faite aux militants syndicalistes, pour nous qui connaissons les attaques immorales dont &eacute;taient victimes nos camarades femmes, nous pouvons dire que les employ&eacute;s ont remport&eacute; une Grande Victoire et qu&rsquo;ils ont le droit d&rsquo;en &ecirc;tre fiers</em>&nbsp;&raquo; (<em>L&rsquo;Echo des Employ&eacute;s</em> n&deg;1 de juin 1936). Les salaires augmentent entre 25% pour les plus bas salaires et 5% pour les plus &eacute;lev&eacute;s. 1 500 employ&eacute;s du BHV mettent un terme &agrave; &laquo;&nbsp;l&rsquo;occupation&nbsp;&raquo; en chantant la Marseillaise et l&rsquo;Internationale.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1938&nbsp;: La FNSE pour la R&eacute;publique espagnole et contre les accords de Munich</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Capocci fait, dans l&rsquo;&eacute;ditorial du num&eacute;ro&nbsp;11 de <em>L&rsquo;Echo des Employ&eacute;s</em> un terrible constat&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Par les voix de Hitler et de Mussolini la guerre frappe plus imp&eacute;rieusement &agrave; notre porte&nbsp;&raquo;</em>, tout en craignant le retour de graves divergences au sein du mouvement ouvrier et de la CGT, &agrave; propos de la guerre et de l&rsquo;opposition au fascisme, voyant dans la d&eacute;sunion de la R&eacute;publique espagnole la raison de son &eacute;chec, car Franco <em>&laquo;&nbsp;eut &eacute;t&eacute; &eacute;cras&eacute; au d&eacute;but avant que ne puissent venir &agrave; son aide les arm&eacute;es de l&rsquo;Allemagne et de l&rsquo;Italie.&nbsp;&raquo;</em> Lors du Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral d&rsquo;avril 1938, Capocci intervient sur la question de la paix et la R&eacute;solution du Congr&egrave;s pr&eacute;cise <em>&laquo;&nbsp;que la paix ne peut pas &ecirc;tre garantie par l&rsquo;abdication constante devant les forces d&rsquo;agression, qu&rsquo;il est urgent d&rsquo;ouvrir la fronti&egrave;re r&eacute;publicaine des Pyr&eacute;n&eacute;es, conform&eacute;ment d&rsquo;ailleurs aux accords commerciaux franco-espagnols, et aux r&egrave;gles du droit international qui commande les libres fournitures au gouvernement l&eacute;gal. En premier geste, le gouvernement fran&ccedil;ais doit envoyer solennellement une caravane de vivres et de m&eacute;dicaments aux r&eacute;publicains espagnols. Il d&eacute;clare qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de laisser r&eacute;gler par la force les probl&egrave;mes mondiaux, notamment la question tch&eacute;coslovaque.&nbsp;&raquo;</em> Les d&eacute;crets&ndash;lois Daladier/Reynaud remettent en cause des acquis du Front Populaire (dont Daladier avait &eacute;t&eacute; ministre), &agrave; commencer par les 40 heures. Dans les grands magasins (Printemps, Belle Jardini&egrave;re), des dizaines d&rsquo;employ&eacute;s sont licenci&eacute;s. La servilit&eacute; du gouvernement &agrave; l&rsquo;&eacute;gard du patronat est telle, qu&rsquo;au Printemps, un employ&eacute; qui a refus&eacute; de signer une p&eacute;tition se disant favorable aux 42 heures est licenci&eacute;. La FNSE organise des meetings pour le 1er mai&nbsp;; <em>&laquo;&nbsp;pour protester contre les d&eacute;crets&ndash;lois de mis&egrave;re [&hellip;] Pour r&eacute;clamer le respect des lois sociales et le retour aux 40 heures normales&nbsp;&raquo;</em>. La Commission Ex&eacute;cutive F&eacute;d&eacute;rale, r&eacute;unie le 25 avril, d&eacute;nonce les d&eacute;crets lois qui <em>&laquo;&nbsp;rel&egrave;vent uniquement de la d&eacute;fense des privil&egrave;ges des grandes puissances financi&egrave;res et non de la d&eacute;fense nationale [&hellip;] Les employ&eacute;s qui veulent &agrave; la fois se d&eacute;fendre contre le fascisme ext&eacute;rieur et contre le fascisme int&eacute;rieur se doivent de r&eacute;agir avec force contre la destruction des lois sociales et des libert&eacute;s&nbsp;&raquo;.</em><br />
			&nbsp;</p>
	</div>
</div>
<h4>
	<br />
	1940 &ndash; 1945<br />
	La F&eacute;d&eacute;ration &agrave; la pointe de la R&eacute;sistance<br />
	et contre la Charte du Travail de Vichy</h4>
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	<h5>
		Novembre 1940&nbsp;: Manifeste du syndicalisme fran&ccedil;ais avec la FNSE</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le 15 novembre 1940 est publi&eacute; le &laquo;&nbsp;<em>Manifeste&nbsp;</em>&raquo; ou &laquo;&nbsp;<em>Principes du Syndicalisme fran&ccedil;ais</em>&nbsp;&raquo;. Est &eacute;nonc&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Le syndicalisme fran&ccedil;ais doit s&#39;inspirer de six principes essentiels&nbsp;: A. Il doit &ecirc;tre anticapitaliste et, d&#39;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, oppos&eacute; &agrave; toutes les formes de l&#39;oppression des travailleurs. B. Il doit accepter la subordination de l&#39;int&eacute;r&ecirc;t particulier &agrave; l&#39;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. C. Il doit prendre dans l&#39;Etat toute sa place et seulement sa place. D. Il doit affirmer le respect de la personne humaine, en dehors de toute consid&eacute;ration de race, de religion ou d&#39;opinion. E. Il doit &ecirc;tre libre, tant dans l&#39;exercice de son activit&eacute; collective que dans l&#39;exercice de la libert&eacute; individuelle de chacun de ses membres. F. Il doit rechercher la collaboration internationale des travailleurs et des peuples.</em>&nbsp;&raquo;<br />
			Il y a 12 signataires, trois CFTC, qui rejoignent les initiateurs, les 9 de la CGT. Christian Pineau, de la FNSE, est le r&eacute;dacteur du <em>Manifeste</em> et c&rsquo;est sur la ron&eacute;o de la Caisse &laquo;&nbsp;Le Travail&nbsp;&raquo; qu&rsquo;est reproduit le premier num&eacute;ro de Lib&eacute;ration. Ils sont trois sur douze &agrave; &ecirc;tre membres de la FNSE&nbsp;: Christian Pineau, Albert Gazier et Oreste Capocci. Du Manifeste va na&icirc;tre, d&egrave;s le 1er d&eacute;cembre 1940, Lib&eacute;ration, qui donnera naissance &agrave; un des principaux r&eacute;seaux de R&eacute;sistance. Le <em>Manifeste </em>pr&eacute;cise&nbsp;: <em>&laquo;Respect de la personne humaine veut dire&nbsp;: Le syndicalisme ne peut admettre en particulier&nbsp;: - L&#39;antis&eacute;mitisme. - Les pers&eacute;cutions religieuses. - Les d&eacute;lits d&#39;opinion. - Les privil&egrave;ges de l&#39;argent. Il r&eacute;prouve en outre tout r&eacute;gime qui fait de l&#39;homme une machine inconsciente, incapable de pens&eacute;e et d&rsquo;actions personnelles&nbsp;&raquo;</em>. Quant &agrave; la libert&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Le syndicalisme a &eacute;t&eacute; et demeure fond&eacute; sur le principe de la libert&eacute;&nbsp;: il est faux de pr&eacute;tendre aujourd&#39;hui que la d&eacute;faite de notre pays est due &agrave; l&#39;exercice de la libert&eacute; des citoyens, alors que l&#39;incomp&eacute;tence de notre &eacute;tat-major, la mollesse de nos administrations et la gabegie industrielle en sont les causes int&eacute;rieures. La libert&eacute; syndicale doit comporter&nbsp;: - Le droit pour les travailleurs de penser ce qu&#39;ils veulent, d&#39;exprimer comme ils l&#39;entendent, au cours des r&eacute;unions syndicales, leurs pens&eacute;es sur les probl&egrave;mes de la profession. - Le droit de se faire repr&eacute;senter par des mandataires &eacute;lus par eux. - Le droit d&#39;adh&eacute;rer &agrave; une organisation syndicale de leur choix ou de n&#39;adh&eacute;rer &agrave; aucune organisation. - Le droit de ne pas voir les organisations syndicales s&#39;ing&eacute;rer dans la vie priv&eacute;e. La libert&eacute; peut comporter des abus. Il est moins important de les r&eacute;primer que d&#39;&eacute;viter leur renouvellement </em>&raquo;.</p>
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</div>
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	<h5>
		D&eacute;cembre 1941&nbsp;: Condamnation de la Charte du Travail</h5>
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		<p style="text-align: justify;">
			Pratiquement, Capocci et ses camarades r&eacute;sistants vont cumuler l&rsquo;activit&eacute; clandestine avec une activit&eacute; militante publique dans les institutions promises &agrave; la disparition par Vichy, les f&eacute;d&eacute;rations et les unions, afin d&rsquo;interdire aux syndicalistes collaborateurs de s&rsquo;en emparer. A terme, cette forme de r&eacute;sistance triomphera, en interdisant (et la FNSE en est un remarquable exemple) &agrave; des syndicalistes &laquo;&nbsp;<em>collabos&nbsp;</em>&raquo; de pr&eacute;tendre parler au nom de la F&eacute;d&eacute;ration. Le fait est que, le 14 d&eacute;cembre 1941, se r&eacute;unit, sous l&rsquo;&eacute;gide de Capocci, le Conseil National de la FNSE, qui vote, adopt&eacute;e &agrave; la majorit&eacute;, une &laquo;&nbsp;Motion sur la Charte du Travail&nbsp;&raquo;&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Le Conseil National de la FNSE, se d&eacute;clare convaincu que la Paix sociale indispensable au rel&egrave;vement de la France ne peut na&icirc;tre que de la collaboration des classes. Mais il n&rsquo;est de collaboration sinc&egrave;re et durable que si salari&eacute;s et patrons sont plac&eacute;s sur un pied de stricte &eacute;galit&eacute;. Il regrette de constater que la Charte du Travail ne r&eacute;pond pas &agrave; cette n&eacute;cessit&eacute;. La puissance patronale est renforc&eacute;e dans des Comit&eacute;s d&rsquo;Organisation o&ugrave; ne p&eacute;n&egrave;tre pas s&eacute;rieusement l&rsquo;influence ouvri&egrave;re et dans ses syndicats qui se soucieront peu, en fait, de la tutelle des Comit&eacute;s Sociaux. Il n&rsquo;aper&ccedil;oit pas dans la loi du 4 octobre 1941 le contrepoids indispensable qui serait strictement maintenu sur le terrain professionnel, un syndicalisme ouvrier fort et ind&eacute;pendant. Les travailleurs sont priv&eacute;s de tout lien interprofessionnel, ils sont plac&eacute;s sous la surveillance des Comit&eacute;s Sociaux, ils ne peuvent m&ecirc;me pas d&eacute;signer librement leurs repr&eacute;sentants. Bien plus, la loi permet la constitution d&rsquo;associations mixtes qui seront cr&eacute;&eacute;es, inspir&eacute;es et dirig&eacute;es par les patrons</em>. Capocci parvient &agrave; faire adopter, en sus, une &laquo;&nbsp;Motion de confiance&nbsp;&raquo;, elle aussi vot&eacute;e &agrave; la majorit&eacute; et qui a l&rsquo;avantage d&eacute;cisif de donner au Bureau F&eacute;d&eacute;ral l&rsquo;initiative, laquelle est, officiellement, contre Vichy, depuis le 15 novembre 1940&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Le Conseil National fait confiance au Bureau F&eacute;d&eacute;ral pour continuer l&rsquo;action syndicale jusqu&rsquo;&agrave; la cr&eacute;ation des Organisations nouvelles. Il lui demande d&rsquo;inciter ses syndicats &agrave; intensifier leur recrutement de fa&ccedil;on &agrave; continuer &agrave; d&eacute;fendre de leur mieux, dans les circonstances actuelles, les int&eacute;r&ecirc;ts des employ&eacute;s&nbsp;&raquo;</em>.</p>
	</div>
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	<h5>
		24 juillet 1945&nbsp;: Buisson, p&egrave;re de la S&eacute;curit&eacute; Sociale</h5>
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		<p style="text-align: justify;">
			Georges Buisson, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la F&eacute;d&eacute;ration de 1919 &agrave; 1929, Vice-pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e Consultative Provisoire, chambre de la R&eacute;sistance, d&rsquo;Alger &agrave; Paris, pr&eacute;sente, le 24 juillet 1945, devant l&rsquo;ACP, l&rsquo;ordonnance fondatrice de la S&eacute;curit&eacute; Sociale, en 88 articles, pour mettre en place la S&eacute;curit&eacute; Sociale au 1er janvier 1946. Les travaux de l&rsquo;ACP &eacute;tant arr&ecirc;t&eacute;s au 3 ao&ucirc;t, c&rsquo;est le Conseil d&rsquo;Etat, dans le cadre de l&rsquo;ordre r&eacute;publicain, qui est charg&eacute; de l&rsquo;ordonnance fondatrice. Pierre Laroque reprend donc, sans le pr&eacute;ciser, l&rsquo;ordonnance de Buisson et reproduit, &agrave; quelques corrections pr&egrave;s, le texte de Buisson en ses 88 articles. Tel est le texte fondateur du 4 octobre 1945. Il n&rsquo;en reste pas moins que le P&egrave;re de la S&eacute;curit&eacute; Sociale est bien un employ&eacute; de commerce, syndiqu&eacute; &agrave; la CGT conf&eacute;d&eacute;r&eacute;e, est bien Georges Buisson.<br />
			&nbsp;</p>
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<h4>
	<br />
	1946 &ndash; 1973<br />
	La F&eacute;d&eacute;ration devient la FEC au sein de la CGT-FO</h4>
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	<h5>
		Mars 1946&nbsp;: 30&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral de Vichy qui fonde la FEC</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			C&rsquo;est dans le contexte d&rsquo;une Lib&eacute;ration faite d&rsquo;un d&eacute;senchantement engag&eacute;, que se tient le Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral, &agrave; Vichy, en mars 1946, du 28 au 31. La R&eacute;solution g&eacute;n&eacute;rale enregistre les acquis nouveaux&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Premi&egrave;res nationalisations encore insuffisantes, mais qui retirent des branches importantes de l&rsquo;&eacute;conomie du contr&ocirc;le des trusts pour les mettre au service de la nation/D&eacute;veloppement de la production qui doit permettre d&rsquo;am&eacute;liorer le sort des travailleurs et d&rsquo;assurer l&rsquo;ind&eacute;pendance du pays/ Compression des d&eacute;penses budg&eacute;taires qui permet d&rsquo;amorcer le redressement financier et d&rsquo;&eacute;loigner l&rsquo;inflation qui r&eacute;duirait &agrave; la mis&egrave;re et au d&eacute;sespoir les masses laborieuses et les petites gens de France&hellip;&nbsp;</em>&raquo; Ce 30&egrave;me Congr&egrave;s salue &laquo;&nbsp;<em>les employ&eacute;s d&rsquo;Alg&eacute;rie, de Tunisie, du Maroc et des territoires d&rsquo;outre-mer, les assure de sa compl&egrave;te solidarit&eacute; et r&eacute;clame pour eux l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des droits avec les travailleurs de la m&eacute;tropole</em>&nbsp;&raquo;. Une R&eacute;solution sur l&rsquo;Alg&eacute;rie demande &laquo;<em>&nbsp;l&rsquo;application d&rsquo;une amnistie pleine et enti&egrave;re aux condamn&eacute;s politiques musulmans d&rsquo;Alg&eacute;rie&nbsp;&raquo;, faisant appel &laquo;&nbsp;aux pouvoirs publics pour qu&rsquo;ils indemnisent toutes les victimes des &eacute;v&eacute;nements de mai 1945 et fassent la lumi&egrave;re sur les responsabilit&eacute;s encourues de part et d&rsquo;autre</em>&nbsp;&raquo;. Ceci d&eacute;signe le massacre de la population alg&eacute;rienne, &agrave; S&eacute;tif, en mai 1945, perp&eacute;tr&eacute; en toute impunit&eacute;. Le Congr&egrave;s salue la cr&eacute;ation de la F&eacute;d&eacute;ration Syndicale Mondiale qui rassemble &laquo;&nbsp;<em>plus de 60 millions de travailleurs du monde entier et r&eacute;clame pour elle le droit &agrave; une participation directe aux travaux de l&rsquo;ONU, comme l&rsquo;ont r&eacute;clam&eacute; la France et l&rsquo;URSS</em>&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un Congr&egrave;s de consensus entre les deux tendances de la FNSE, tant avec Capocci qu&rsquo;avec Delon. Il est remarquable que les effectifs soient comparables &agrave; ceux de 1937 (199 652 cartes). La FEC va utiliser tout son mat&eacute;riel FNSE durant l&rsquo;ann&eacute;e 1946. La premi&egrave;re appellation FEC, officielle, c&rsquo;est la circulaire&nbsp;1-47-SA en date du 2 janvier 1947 et sign&eacute;e conjointement par Capocci et Delon. Elle porte le sigle de la CGT et de la F&eacute;d&eacute;ration Syndicale Mondiale et est toujours sise au 213, rue Lafayette.</p>
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	<h5>
		D&eacute;cembre 1947&nbsp;: Fondation de la CGT-FO, choisir la libert&eacute;</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La mise au point de Capocci, sous le titre &laquo;&nbsp;<em>nous aussi nous avons choisi&nbsp;</em>&raquo;, est fort claire&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Etrange ind&eacute;pendance qui consiste &agrave; calquer l&rsquo;action syndicale sur l&rsquo;action du parti communiste. A d&eacute;cr&eacute;ter que les gr&egrave;ves sont l&rsquo;arme des trusts quand les ministres communistes sont au pouvoir, &agrave; ne pas h&eacute;siter &agrave; se faire briseur de gr&egrave;ve &agrave; l&rsquo;occasion et ensuite de chercher tous les pr&eacute;textes, les mauvais comme les bons, pour susciter des gr&egrave;ves [&hellip;] On veut nous faire choisir entre deux blocs, chacun nous dit&nbsp;: &ldquo;Si vous n&rsquo;&ecirc;tes pas avec nous, c&rsquo;est que vous &ecirc;tre contre nous&rdquo;. C&rsquo;est le proc&eacute;d&eacute; de toutes les dictatures. Un de nos camarades est venu &agrave; la tribune du CCN dire&nbsp;: Entre le capitalisme am&eacute;ricain et l&rsquo;URSS mon choix est fait&nbsp;&raquo;. Il semblait croire que le n&ocirc;tre ne l&rsquo;&eacute;tait pas. Pourtant nous aussi nous avons choisi&nbsp;: ni le capitalisme international repr&eacute;sent&eacute; par le capitalisme am&eacute;ricain, ni le capitalisme d&rsquo;Etat repr&eacute;sent&eacute; par l&rsquo;URSS&nbsp;; Nous avons choisi la libert&eacute;&nbsp;</em>&raquo; (FO Hebdo du 20 novembre 1947). Le terme est le 19 d&eacute;cembre 1947, jour du Comit&eacute; national de la CGT. A ce terme, le groupe central &laquo;&nbsp;Force Ouvri&egrave;re&nbsp;&raquo; demande &laquo;<em>&nbsp;aux camarades L&eacute;on Jouhaux, Robert Bothereau, Albert Bouzanquet, Pierre Neumeyer, Georges Delamarre de d&eacute;missionner du Bureau Conf&eacute;d&eacute;ral. En militants disciplin&eacute;s, ils ont remis leur d&eacute;mission, vendredi apr&egrave;s&ndash;midi, au deuxi&egrave;me Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, Beno&icirc;t Frachon [&hellip;] Consid&eacute;rant que la d&eacute;fense des int&eacute;r&ecirc;ts des travailleurs n&rsquo;est plus possible dans le cadre d&rsquo;une Conf&eacute;d&eacute;ration qui ne permet pas la libre expression des syndiqu&eacute;s, la Conf&eacute;rence nationale de &ldquo;Force Ouvri&egrave;re&rdquo; a d&eacute;cid&eacute; que nous devions reconstruire un mouvement syndical ind&eacute;pendant&nbsp;</em>&raquo;. Dans un texte public, la Conf&eacute;rence Nationale, r&eacute;unie les 18 et 19 d&eacute;cembre 1947, affirme&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>La Conf&eacute;rence consid&egrave;re que la v&eacute;ritable Conf&eacute;d&eacute;ration G&eacute;n&eacute;rale des Travailleurs continue en dehors de l&rsquo;organisation existante, qui n&rsquo;a plus de la CGT que le nom, puisqu&rsquo;elle a viol&eacute; d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment ses propres statuts et bafou&eacute; les v&eacute;ritables principes du syndicalisme traditionnel [&hellip;] L&rsquo;organisation Force Ouvri&egrave;re lance solennellement un appel &agrave; tous les travailleurs de France et d&rsquo;Outre-mer pour adh&eacute;rer au Mouvement et r&eacute;aliser ainsi l&rsquo;unit&eacute; v&eacute;ritable et f&eacute;conde de tous les ouvriers, employ&eacute;s, agents de ma&icirc;trise</em>&nbsp;&raquo;. A la FEC, la tendance communiste demeure minoritaire, les conf&eacute;d&eacute;r&eacute;s, avec Capocci, &laquo;&nbsp;continuent la CGT&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1948&nbsp;: Reconnaissance de la &laquo;&nbsp;repr&eacute;sentativit&eacute;&nbsp;&raquo; de la FEC, puis de la CGT-FO</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La circulaire 7/48 OG a une importance particuli&egrave;re, puisqu&rsquo;elle a pour objet, d&egrave;s le&nbsp;3 f&eacute;vrier, le &laquo;&nbsp;<em>caract&egrave;re repr&eacute;sentatif de la F&eacute;d&eacute;ration</em>&nbsp;&raquo;. Capocci y fait &eacute;tat d&rsquo;une lettre re&ccedil;ue le 2 f&eacute;vrier, du ministre du Travail&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>M. le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, Vous m&rsquo;avez inform&eacute; de la d&eacute;cision prise par la Comit&eacute; National de la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres du Commerce, du Cr&eacute;dit, des Assurances, des Professions lib&eacute;rales et divers, de se retirer de la Conf&eacute;d&eacute;ration G&eacute;n&eacute;rale du Travail et d&rsquo;adh&eacute;rer &agrave; la Conf&eacute;d&eacute;ration G&eacute;n&eacute;rale du Travail &ldquo;Force Ouvri&egrave;re&rdquo;. Vous me demandez, en cons&eacute;quence, de confirmer le caract&egrave;re repr&eacute;sentatif de votre F&eacute;d&eacute;ration. J&rsquo;ai l&rsquo;honneur de vous faire conna&icirc;tre que je consid&egrave;re que la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres reste comme par le pass&eacute; l&rsquo;une des organisations syndicales les plus repr&eacute;sentatives du personnel des branches d&rsquo;activit&eacute; pour lesquelles le caract&egrave;re lui a &eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment reconnu. C&rsquo;est notamment le cas en ce qui concerne les Assurances et les Banques. J&rsquo;adresse &agrave; ce sujet des lettres aux Pr&eacute;sidents de la F&eacute;d&eacute;ration Fran&ccedil;aise des Soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;Assurance et de l&rsquo;Association Professionnelle des Banques. Veuillez agr&eacute;er, Monsieur le Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, l&rsquo;assurance de ma consid&eacute;ration distingu&eacute;e</em>&nbsp;&raquo;. Il s&rsquo;agit, de la part du ministre, Daniel Mayer, d&rsquo;une application de la Circulaire Parodi du 28 mai 1945 laquelle consid&egrave;re comme &laquo;&nbsp;repr&eacute;sentatives&nbsp;&raquo;, la CGT et la CFTC et dont les six &eacute;l&eacute;ments d&rsquo;appr&eacute;ciation sont les effectifs, &laquo;&nbsp;l&rsquo;ind&eacute;pendance&nbsp;&raquo;, les cotisations, l&rsquo;exp&eacute;rience, l&rsquo;anciennet&eacute; et, enfin &laquo;&nbsp;l&rsquo;attitude patriotique&nbsp;&raquo; pendant l&rsquo;Occupation. La circulaire Parodi re&ccedil;oit son application la plus &eacute;vidente avec le fait que la CGT-FO est reconnue organisation syndicale &laquo;&nbsp;repr&eacute;sentative&nbsp;&raquo; (parution au Journal Officiel du 9 avril 1948) et son Congr&egrave;s fondateur se tient en avril. La loi de 2008, bafouant la R&eacute;sistance, supprimera la circulaire Parodi (et la pr&eacute;somption irr&eacute;fragable de repr&eacute;sentativit&eacute;, base de la n&eacute;gociation collective), pour le grand plaisir du MEDEF, dont l&rsquo;anc&ecirc;tre, la CGPF, avait choisi la collaboration.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1953&nbsp;: Gr&egrave;ve nationale d&rsquo;ao&ucirc;t</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La gr&egrave;ve commence le 4 ao&ucirc;t &agrave; Bordeaux, &agrave; l&rsquo;initiative des postiers de la F&eacute;d&eacute;ration FO. Son programme est&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>lutte contre les d&eacute;crets r&eacute;actionnaires, indemnit&eacute; mensuelle uniforme d&rsquo;attente, indemnit&eacute; de suj&eacute;tion sp&eacute;ciale, d&eacute;fense des effectifs et des auxiliaires</em>&nbsp;&raquo;. Le fait est que &laquo;<em>&nbsp;d&egrave;s le 6 ao&ucirc;t, la F&eacute;d&eacute;ration Force Ouvri&egrave;re des PTT a d&eacute;clench&eacute; la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale illimit&eacute;e et les autres F&eacute;d&eacute;rations de fonctionnaires passent &agrave; l&rsquo;action</em>&nbsp;&raquo; (JEC du 7 ao&ucirc;t 1953). FO, la FEC et la F&eacute;d&eacute;ration des M&eacute;taux, par un communiqu&eacute; commun, lancent un mot d&rsquo;ordre de gr&egrave;ve pour le 13. Le priv&eacute; est partie prenante de la gr&egrave;ve. Le 11 ao&ucirc;t, la CE de la FEC &eacute;largie aux d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s r&eacute;gionaux pr&eacute;sents &agrave; Paris &laquo;&nbsp;<em>lance le mot d&rsquo;ordre de gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale [&hellip;] pour le jeudi 13 ao&ucirc;t&nbsp;&raquo;, reprenant l&rsquo;ensemble des revendications de la F&eacute;d&eacute;ration et exigeant &laquo;&nbsp;l&rsquo;abrogation des d&eacute;crets-lois portant &agrave; l&rsquo;autonomie de gestion des institutions de la S&eacute;curit&eacute; Sociale et des entreprises nationalis&eacute;es&nbsp;</em>&raquo;. La CGC maintient son opposition &agrave; la gr&egrave;ve. Il y a 4 millions de gr&eacute;vistes, le 13. La division syndicale, venant de la CFTC, conduit ce large mouvement de gr&egrave;ve &agrave; l&rsquo;&eacute;chec. Pour la FEC, Adolphe Sidro, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Une grande bataille sociale a &eacute;t&eacute; engag&eacute;e au mois d&rsquo;ao&ucirc;t par les travailleurs de la fonction publique et des services publics. D&egrave;s les premiers jours, la gr&egrave;ve d&eacute;clench&eacute;e contre les d&eacute;crets-lois a &eacute;t&eacute; largement d&eacute;pass&eacute;e par la lutte pour la revalorisation essentielle dans un pays o&ugrave; la moiti&eacute; des travailleurs ont des salaires mis&eacute;rables [&hellip;] D&egrave;s le 26 ao&ucirc;t, la F&eacute;d&eacute;ration des ing&eacute;nieurs et cadres stigmatisait l&rsquo;incroyable communiqu&eacute; du Comit&eacute; interminist&eacute;riel dans une conf&eacute;rence de presse [&hellip;] Au faux dilemme du seul choix entre la r&eacute;action et l&rsquo;aventure, les gr&egrave;ves d&rsquo;ao&ucirc;t ont donn&eacute; une r&eacute;ponse nette. La grande force sociale de ce pays doit &ecirc;tre et ne peut &ecirc;tre anim&eacute;e que pas un syndicalisme authentique ouvrier, celui que nous repr&eacute;sentons</em>&nbsp;&raquo;. (<em>L&#39;Echo des Employ&eacute;s et Cadres</em>, 12 octobre 1953).</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1954&nbsp;: Bilan historique, pour les 60 ans de la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La fin&nbsp;1954 est marqu&eacute;e par le 34&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral, &agrave; Paris, r&eacute;unissant 305 syndicats, du 16 au 18 octobre. Le rapport moral est un bilan historique et rappelle que &laquo;&nbsp;<em>la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e le 13 juillet 1893. Elle est une des plus vieilles du mouvement syndical fran&ccedil;ais, une de celle dont les titres de noblesse ont &eacute;t&eacute; acquis au cours de rudes batailles de d&eacute;faites surmont&eacute;es, de magnifiques victoires. Une F&eacute;d&eacute;ration qui n&rsquo;a jamais s&eacute;par&eacute; sa lutte de celle men&eacute;e par l&rsquo;ensemble des travailleurs pour leur &eacute;mancipation [&hellip;] Pendant les 4 ann&eacute;es sombres de l&rsquo;occupation, la F&eacute;d&eacute;ration reste fid&egrave;le &agrave; elle-m&ecirc;me et &agrave; son pass&eacute;. Son si&egrave;ge est un centre actif de r&eacute;sistance. Ses militants participent &agrave; la lutte clandestine. Deux secr&eacute;taires f&eacute;d&eacute;raux, Boulanger et Lemaire, tombent dans la bataille pour la libert&eacute; [&hellip;] En d&eacute;cembre 1947, la trahison des politiciens voulant domestiquer le mouvement syndical provoque la scission. La majorit&eacute; f&eacute;d&eacute;rale rejoint sans h&eacute;sitation la CGT-FO et garde le titre que les scissionnistes voulaient usurper. La F&eacute;d&eacute;ration reste celle de la lign&eacute;e des vieux combattants de toutes les batailles sociales qui ont modifi&eacute; si profond&eacute;ment les conditions de vie des employ&eacute;s&nbsp;</em>&raquo;.</p>
	</div>
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<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1956&nbsp;: Avec la Hongrie libre</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La FEC, en accord avec le Bureau de la CGT-FO, d&eacute;cide d&rsquo;un mouvement d&rsquo;arr&ecirc;t de travail, pour le mercredi 7 novembre 1956, de 17 &agrave; 18 heures. Sidro &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Une r&eacute;pression atroce, impitoyable a &eacute;t&eacute; la r&eacute;ponse faite par ceux qui osent encore se r&eacute;clamer du socialisme. Non, il n&rsquo;est pas possible que les insurg&eacute;s du peuple hongrois n&rsquo;aient &eacute;t&eacute; que les fascistes et les contre-r&eacute;volutionnaires que d&eacute;noncent calomnieusement les serviles laudateurs du despotisme russe</em>&nbsp;&raquo; (JEC du 6 novembre).</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1957&nbsp;: Gr&egrave;ve dans les grands magasins</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			G. Rino explique, dans FO Hebdo n&deg;588 du 30 mai 1957, que le personnel commence, pour la premi&egrave;re fois, le 18 mai 1957, pour la majoration des bar&egrave;mes et l&rsquo;augmentation des salaires. Le mardi 28 mai, tous les d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s des grands magasins se rendent devant leur Direction, pour mettre un terme au refus de n&eacute;gocier du patronat. Les premiers &agrave; donner satisfaction furent les Magasins R&eacute;aumur, o&ugrave; seul FO &eacute;tait repr&eacute;sent&eacute;. Chez Prisunic, il y eut 14 d&eacute;brayages pour le seul 7 juin. Le num&eacute;ro 455 du JEC, du 19 juin, peut titrer &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;ACTION SYNDICALE PAIE - VICTOIRE DANS LES GRANDS MAGASINS PARISIENS</em>&nbsp;&raquo;. Au magasin le Printemps, les employ&eacute;s et ouvriers avaient d&eacute;bray&eacute; tant le 18 que le 25 mai&nbsp;; les Galeries Lafayette, le 1er juin, suivies des services de province, le 4 juin et d&rsquo;une partie de la Samaritaine, le 7 juin. A terme, la lutte a un effet collectif, avec additif &agrave; la Convention collective du 30 juillet 1955. Longue lutte pour obtenir cette Convention collective, suivie, en ao&ucirc;t, de deux conventions applicables aux cadres. Ce sont les employ&eacute;s qui ont combattu pour le droit collectif du travail. Pour gagner cela, pr&egrave;s de 60 arr&ecirc;ts de travail dans les magasins populaires de la r&eacute;gion parisienne, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;accord du 14 juin et face &agrave; un patronat qui ne voulait pas d&rsquo;une Commission Mixte quelques semaines plus t&ocirc;t. Le tout jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;accord du 26 juin 1957, qui prend forme d&rsquo;additif &agrave; la convention collective, pour r&eacute;duire l&rsquo;&eacute;cart de r&eacute;mun&eacute;ration entre grands et petits magasins.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1957&nbsp;: Gr&egrave;ve dans les banques</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			D&egrave;s le 3 juillet, des gr&egrave;ves &eacute;clatent dans les banques nationalis&eacute;es. Le 4 juillet, un meeting r&eacute;unit des milliers de participants. Il est ind&eacute;niable que la constitution, le 9 juillet 1957, d&rsquo;un Comit&eacute; national de gr&egrave;ve fait la diff&eacute;rence lors de ce conflit. Sidro pour la CGT-FO et Delon, pour la CGT, sont pr&eacute;sents. Le 10 juillet, 80&nbsp;000 employ&eacute;s (et quelques cadres) sont en gr&egrave;ve, par un mouvement sans &eacute;quivalent depuis 1947. Il y a 123 villes touch&eacute;es, le 9 juillet, la gr&egrave;ve &eacute;tant g&eacute;n&eacute;rale du 9 au 28 juillet. Le Bureau de la FEC apporte son soutien financier (JEC du 22 juillet). Pour Sidro, dans le Rapport de la Section du Cr&eacute;dit pour le 35&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral, ce qui importe &laquo;<em>&nbsp;c&rsquo;est la victoire morale remport&eacute;e sur un syst&egrave;me qui ligotait les organisations syndicales depuis ao&ucirc;t 1953</em>&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1960&nbsp;: 36&egrave;me Congr&egrave;s et l&rsquo;Alg&eacute;rie</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			La R&eacute;solution &laquo;&nbsp;pour que cesse la guerre en Alg&eacute;rie&nbsp;&raquo; affirme que &laquo;&nbsp;<em>Le Congr&egrave;s comme le fait la F&eacute;d&eacute;ration depuis 5 ans, condamne la violence et les attentats quels qu&rsquo;en soient les responsables et les victimes. Il proclame que le drame alg&eacute;rien doit prendre fin par un cessez-le-feu qui ne peut intervenir qu&rsquo;entre ceux qui se battent et des n&eacute;gociations qui doivent s&rsquo;engager entre ceux qui les repr&eacute;sentent&nbsp;; Le sort de l&rsquo;Alg&eacute;rie d&eacute;pend des d&eacute;cisions que prendra librement la population d&rsquo;Alg&eacute;rie. Le Congr&egrave;s affirme son attachement au d&eacute;sir profond des employ&eacute;s en vue de la recherche de la paix sans exclusives ni pr&eacute;alables.</em>&nbsp;&raquo;</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1966&nbsp;: Gr&egrave;ve nationale du 17 mai</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Le 5 mai 1966, le Bureau de la FEC appelle &agrave; la gr&egrave;ve nationale pour le 17 mai. Le contexte politique et social, comme le d&eacute;nonce la FEC, c&rsquo;est la poursuite de la &laquo;<em>&nbsp;politique des revenus dont le seul but est de maintenir le blocage des r&eacute;mun&eacute;rations</em>&nbsp;&raquo; (<em>JEC</em> du 23 f&eacute;vrier). Ceci explique la motion adopt&eacute;e lors du Conseil national de la FEC, qui condamne le nouveau gouvernement &laquo;<em>&nbsp;&eacute;troitement soumis aux options du 5e Plan condamn&eacute;, &agrave; plusieurs reprises, par le mouvement syndical [&hellip;] Il reste toutefois convaincu que seule une action concert&eacute;e et simultan&eacute;e des travailleurs peut faire &eacute;chec &agrave; la politique r&eacute;trograde du gouvernement, &agrave; cet effet il charge le Bureau F&eacute;d&eacute;ral de demander &agrave; la conf&eacute;d&eacute;ration que Force Ouvri&egrave;re prenne, &agrave; nouveau, l&rsquo;initiative d&rsquo;une telle action&nbsp;</em>&raquo;. La FEC est &agrave; l&rsquo;initiative du mouvement de gr&egrave;ve du 17 mai 1966, laquelle mobilise une grande partie du secteur priv&eacute;.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		17 mai 1967&nbsp;: Pour la d&eacute;fense de &laquo;&nbsp;notre S&eacute;curit&eacute; Sociale&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Pour ce qui concerne la gr&egrave;ve du 17 mai 1967, elle est motiv&eacute;e, pour la section des Organismes sociaux divers et divers, par le fait, selon les termes de Marc Blondel, qu&rsquo;&laquo;&nbsp;<em>&agrave; de rares exceptions pr&egrave;s les ordonnances n&rsquo;ont vu la concr&eacute;tisation que de mesures conservatrices- pour l&rsquo;heure, c&rsquo;est la S&eacute;curit&eacute; Sociale, notre S&eacute;curit&eacute; Sociale qui se trouve menac&eacute;e sur son ind&eacute;pendance d&rsquo;abord, sur ses prestations ensuite</em>&nbsp;&raquo; (JEC du 9 mai 1967). C&rsquo;est que le pouvoir gaulliste entend se faire attribuer des pouvoirs sp&eacute;ciaux, et de l&eacute;gif&eacute;rer par ordonnances, contre tout principe d&eacute;mocratique, afin de remettre en cause, en effet, la S&eacute;curit&eacute; Sociale. La gr&egrave;ve unitaire du 17 mai 1967 CGT-FO, CFDT, CGT et FEN est per&ccedil;ue par le pouvoir politique (conf&eacute;rence de de Gaulle du 16 mai, pour en masquer la signification avec la formule &laquo;&nbsp;<em>les partis pris ne doivent pas obscurcir l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral</em>&raquo;), sans l&rsquo;emp&ecirc;cher de passer outre et de qualifier le recours aux pouvoirs sp&eacute;ciaux de &laquo;&nbsp;<em>normal en principe</em>&nbsp;&raquo;. Pour le 17 mai 1967, FO lance un appel pour un arr&ecirc;t national de travail de 24 heures &laquo;&nbsp;<em>pour affirmer son droit constitutionnel de discussion dans tous les domaines et &agrave; tous les niveaux&nbsp;/ d&eacute;fendre la S&eacute;curit&eacute; Sociale, conqu&ecirc;te fondamentale du mouvement ouvrier</em>&raquo;.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1968&nbsp;: 40&egrave;me Congr&egrave;s de la FEC</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Du 10 au 13 mai, &agrave; Toulouse, se tient le 40&egrave;me Congr&egrave;s de la FEC. En signe d&rsquo;ouverture, c&rsquo;est Yves Simon, des Organismes sociaux, qui accueille les d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s. Marius All&egrave;gre pr&eacute;sente le rapport moral et condamne tant les ordonnances sur l&rsquo;int&eacute;ressement que sur la S&eacute;curit&eacute; Sociale. La R&eacute;solution g&eacute;n&eacute;rale &laquo;<em>&nbsp;affirme que l&rsquo;Europe ne pourra se faire qu&rsquo;avec la participation des travailleurs, ce qui rend indispensable l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;une politique sociale communautaire qui doit &ecirc;tre discut&eacute;e avec les repr&eacute;sentants des salari&eacute;s group&eacute;s dans les organisations syndicales libres [&hellip;]. Le Congr&egrave;s d&eacute;nonce toutes les dictatures entre autres celles du Portugal, d&rsquo;Espagne et de Gr&egrave;ce. Il est solidaire de la lutte engag&eacute;e par les peuples pour se lib&eacute;rer l&rsquo;Ouest comme &agrave; l&rsquo;Est&nbsp;</em>&raquo;. Il &laquo;&nbsp;<em>r&eacute;affirme son attachement au principe de l&rsquo;unit&eacute; syndicale&nbsp;&raquo;. Le Congr&egrave;s s&rsquo;ach&egrave;ve, apprenant les manifestations du Quartier Latin, par une motion de &laquo;&nbsp;solidarit&eacute; avec les &eacute;tudiants et d&rsquo;approbation de la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale</em>&nbsp;&raquo;. La Section F&eacute;d&eacute;rale du Commerce tire ce bilan de mai 1968&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Comme la quasi-totalit&eacute; des travailleurs, les employ&eacute;s de commerce ont particip&eacute; massivement &agrave; la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale illimit&eacute;e qui devait toucher toutes les branches d&rsquo;activit&eacute; et dont l&rsquo;ampleur a fait appara&icirc;tre au grand jour le profond m&eacute;contentement des salari&eacute;s, n&eacute; et accumul&eacute; durant de longues ann&eacute;es&nbsp;&raquo;. Pour conclure qu&rsquo;il y a &laquo;&nbsp;des r&eacute;sultats [&hellip;] mais pas enti&egrave;re satisfaction</em>&nbsp;&raquo; (<em>JEC</em> du 1er juillet).<br />
			&nbsp;</p>
	</div>
</div>
<h4>
	<br />
	1974 &ndash; 1989<br />
	Marc Blondel, du Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la FEC<br />
	au Secr&eacute;tariat g&eacute;n&eacute;ral de la CGT-FO</h4>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1974&nbsp;: Gr&egrave;ve illimit&eacute;e et reconductible dans la banque</h5>
	<div>
		<p style="text-align: justify;">
			Dans la Banque, le blocage de toute n&eacute;gociation conduit &agrave; un appel interf&eacute;d&eacute;ral pour une gr&egrave;ve pour le 11 mars, sur une base privil&eacute;gi&eacute;e par FO, &agrave; savoir gr&egrave;ve illimit&eacute;e et reconductible. Pour sa part, la CGT s&rsquo;en tient &agrave; une gr&egrave;ve de 24 heures, le 8 mars. Le 20 mars, une manifestation de 35&nbsp;000 employ&eacute;s d&eacute;file dans Paris. Il y a de nombreuses manifestations en province. Le mouvement est interf&eacute;d&eacute;ral, la CGT l&rsquo;ayant rejoint. Les groupes UDR et centristes de l&rsquo;Assembl&eacute;e refusent de recevoir la d&eacute;l&eacute;gation interf&eacute;d&eacute;rale. Lors d&rsquo;une conf&eacute;rence de presse, le 21 mars, Bergeron d&eacute;clare&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>Les employeurs ne doivent pas miser sur le pourrissement du conflit dans la banque. FO aidera &agrave; la recherche d&rsquo;un compromis, car FO ne jouera pas la politique du pire</em>&nbsp;&raquo;. Le 27 mars, une d&eacute;l&eacute;gation interf&eacute;d&eacute;rale est re&ccedil;ue par le ministre des Finances, Giscard, lequel se dit favorable &agrave; une reprise des n&eacute;gociations.&raquo; (JEC du 28 mars). La n&eacute;gociation reprend, le 29 mars&nbsp;; la gr&egrave;ve se poursuivant jusqu&rsquo;au mercredi 17 avril. Si les revendications sont, pour l&rsquo;essentiel satisfaites (salaires, conditions de travail, droit syndical), le paiement int&eacute;gral des jours de gr&egrave;ve reste en suspens et les disparit&eacute;s entre &eacute;tablissements.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1974&nbsp;: 42&egrave;me Congr&egrave;s de la FEC et &eacute;lection de Marc Blondel</h5>
	<div>
		<p>
			Ce Congr&egrave;s, tenu &agrave; Reims du 8 au 12 mai 1974, entend Bergeron dire &agrave; la tribune&nbsp;: &laquo;&nbsp;le Congr&egrave;s de la F&eacute;d&eacute;ration FO des employ&eacute;s est un mini Congr&egrave;s Conf&eacute;d&eacute;ral&nbsp;&raquo;. Au terme du Congr&egrave;s, Marc Blondel est &eacute;lu Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la FEC, avec Yves Simon comme Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral adjoint. La R&eacute;solution g&eacute;n&eacute;rale attire l&rsquo;attention &laquo;&nbsp;sur le chantage patronal &agrave; la r&eacute;cession dont la crise p&eacute;troli&egrave;re et des mati&egrave;res premi&egrave;res n&rsquo;a &eacute;t&eacute; qu&rsquo;un pr&eacute;texte.&nbsp;&raquo; Le Congr&egrave;s &laquo;&nbsp;salue nos camarades des syndicats Portugais dans la lutte qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;entreprendre pour recouvrir leurs droits &agrave; la libert&eacute; et demande &agrave; notre F&eacute;d&eacute;ration internationale de leur apporter son secours&nbsp;&raquo;. Il demande l&rsquo;extension des conventions collectives &laquo;&nbsp;sur tout le territoire fran&ccedil;ais y compris les d&eacute;partements et territoire d&rsquo;outre-mer. Il exige la suppression de la Commission Interminist&eacute;rielle de Coordination des salaires. Il d&eacute;nonce l&rsquo;ing&eacute;rence inadmissible du Minist&egrave;re des Finances dans les n&eacute;gociations professionnelles [&hellip;] Il condamne la r&eacute;gression du Pouvoir d&rsquo;achat due &agrave; la r&eacute;f&eacute;rence syst&eacute;matique &agrave; l&rsquo;indice manipul&eacute; des 295 postes&nbsp;&raquo;. Pour la S&eacute;curit&eacute; Sociale, il d&eacute;nonce une politique qui &laquo;&nbsp;accentue encore le pillage du r&eacute;gime g&eacute;n&eacute;ral en mettant &agrave; sa charge les d&eacute;ficits de plus en plus importants des autres r&eacute;gimes.&nbsp;&raquo;</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1975&nbsp;: Conflit au Parisien Lib&eacute;r&eacute; et refus du liberticide monopole d&rsquo;embauche</h5>
	<div>
		<p>
			Le 24 f&eacute;vrier 1975, la direction du Parisien Lib&eacute;r&eacute; annonce la suppression des 20 &eacute;ditions r&eacute;gionales et d&eacute;partementales, sauf si elle obtenait un am&eacute;nagement des annexes techniques de la convention collective et ce, d&rsquo;un syndicat unique, la CGT, seule reconnue. Le refus conduit &agrave; la cessation de parution de l&rsquo;&eacute;dition nationale le 3 mai. De sorte que la Direction s&rsquo;adresse &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration du Livre FO, premi&egrave;re initiative d&rsquo;un patron de presse reconnaissant l&rsquo;existence du Livre FO, depuis 1948, et non la seule CGT. Ceci r&eacute;v&egrave;le le monopole de la CGT, contraire &agrave; la Constitution (&laquo;&nbsp;tout homme peut d&eacute;fendre ses int&eacute;r&ecirc;ts par l&rsquo;action syndicale et adh&eacute;rer au syndicat de son choix.&raquo;) Un communiqu&eacute; FO, du 23 mai, affirme que c&rsquo;est &laquo;&nbsp;toute l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie autoritaire du Parti Communiste et de la CGT sur la Presse qui est remise en cause&nbsp;&raquo;. Les conditions du conflit sont telles que, le 11 juin, le Bureau Conf&eacute;d&eacute;ral fait para&icirc;tre un communiqu&eacute; qui &laquo;&nbsp;demande instamment aux pouvoirs publics de ne pas faire intervenir les forces de police pour &eacute;vacuer les ateliers occup&eacute;s&nbsp;&raquo;. Il est pr&eacute;cis&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;le fait d&rsquo;appartenir &agrave; une Organisation syndicale ne saurait justifier le refus d&rsquo;embauchage pas plus que le droit de s&rsquo;arroger un monopole quelconque&nbsp;&raquo;. Un huissier &eacute;tait venu, pr&eacute;alablement, constater l&rsquo;occupation de l&rsquo;imprimerie de la rue d&rsquo;Enghien. Ce qui met en cause la pratique de la CGT du monopole d&rsquo;embauche. Une d&eacute;cision de justice d&rsquo;expulsion des occupants de l&rsquo;imprimerie sera notifi&eacute;e le 12 juin. Un communiqu&eacute; de la Conf&eacute;d&eacute;ration s&rsquo;ach&egrave;ve par les mots&nbsp;: &laquo;&nbsp;Avec la F&eacute;d&eacute;ration des employ&eacute;s et cadres&nbsp;: Non au fascisme - Pour la libert&eacute;&nbsp;&raquo;. La situation de monopole de la CGT est irr&eacute;vocablement mise en cause, au terme du conflit du Parisien Lib&eacute;r&eacute;.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1976&nbsp;: D&eacute;l&eacute;gation de la FEC contre Barre et le premier &laquo;&nbsp;plan d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p>
			Le 9 d&eacute;cembre 1976, une d&eacute;l&eacute;gation de la FEC est re&ccedil;ue par Cavaill&eacute;, secr&eacute;taire d&rsquo;Etat &agrave; l&rsquo;Equipement du premier gouvernement Barre, lequel ne fait pas myst&egrave;re de son attachement au lib&eacute;ralisme &eacute;conomique. La d&eacute;l&eacute;gation, conduite par Blondel, s&rsquo;entend r&eacute;pondre que ses revendications, y compris salariales, sont irrecevables, car contraires au &laquo;&nbsp;plan Barre&nbsp;&raquo; et &agrave; son &laquo;&nbsp;aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo; &agrave; sens unique. La FEC avait comment&eacute;, d&egrave;s le 22 septembre&nbsp;: &laquo;&nbsp;le gouvernement recommande la limitation des hausses de salaire &agrave; la seule variation de l&rsquo;indice officiel, c&rsquo;est l&agrave; l&rsquo;amorce de la politique des revenus. A part cela et malgr&eacute; les th&egrave;ses permanentes du Professeur &laquo;&nbsp;Barre&nbsp;&raquo;, aucune taxe sur le capital pour le Ministre Barre. Une fois de plus on rend responsable de la situation l&rsquo;&eacute;volution des salaires&nbsp;&raquo; (JEC du 28 septembre 1976).</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1978&nbsp;: 66 jours de gr&egrave;ve dans les caisses</h5>
	<div>
		<p>
			Du mercredi 15 au vendredi 17 f&eacute;vrier 1978, la FEC et son homologue de la CFTC appellent &agrave; la gr&egrave;ve les techniciens des caisses primaires d&rsquo;assurance maladie, des caisses r&eacute;gionales, des caisses d&rsquo;allocations familiales et Unions de recouvrement des cotisations. La question des classifications est centrale, cons&eacute;cutivement au blocage de la n&eacute;gociation en Commission paritaire nationale. Il est &agrave; remarquer que la CGT, d&rsquo;une part, et la CFDT, d&rsquo;autre part lancent un appel s&eacute;par&eacute; sur les m&ecirc;mes mots d&rsquo;ordre. Le mouvement est suivi et, &agrave; la caisse d&rsquo;allocation familiale de la R&eacute;gion parisienne, au bout de 45 jours de gr&egrave;ve, la FEC lance un appel &agrave; la solidarit&eacute; financi&egrave;re. La gr&egrave;ve va durer 66 jours, sans r&eacute;sultat d&eacute;cisif pour les gr&eacute;vistes, face &agrave; l&rsquo;intransigeance &agrave; Paris, du CNPF&nbsp;; les administrateurs FO, dont le pr&eacute;sident Brisson, envoyant leur d&eacute;mission au minist&egrave;re de Tutelle et la rendant publique. Ce qui est en cause, c&rsquo;est &laquo;&nbsp;la politique de &lsquo;&rsquo;personnalisation&lsquo;&rsquo; du salaire, d&eacute;j&agrave; men&eacute;e au niveau des cadres au d&eacute;triment de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; dans la fonction&nbsp;&raquo;, selon les dires de L&eacute;on Trefelle (JEC du 10 mars 1978).<br />
			Par intervention aupr&egrave;s des services du Premier ministre, l&rsquo;agr&eacute;ment des textes conventionnels est obtenu, touchant les employ&eacute;s, les agents de ma&icirc;trise ainsi que les techniciens, tels que l&rsquo;int&eacute;gration de la prime d&rsquo;assiduit&eacute; dans le salaire de base ou les cong&eacute;s pay&eacute;s (sans aller jusqu&rsquo;&agrave; la 5e semaine revendiqu&eacute;e).</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1982&nbsp;: Bilan et opposition aux lois Auroux</h5>
	<div>
		<p>
			Depuis mai 1981, une circulaire du JEC, en date du 3 juin 1982 rappelle le cadre&nbsp;: &laquo;&nbsp;qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des salaires, des classifications, de la r&eacute;duction de la dur&eacute;e du travail, etc. [....] la position de notre F&eacute;d&eacute;ration ne saurait pr&ecirc;ter &agrave; interpr&eacute;tation. Elle entend poursuivre avec ses syndicats son action revendicative par le jeu de la libre n&eacute;gociation en privil&eacute;giant le contrat collectif (convention collective de branche). Concernant la r&eacute;duction de la dur&eacute;e du travail, le constat suivant a &eacute;t&eacute; fait&nbsp;: valable pour l&rsquo;ensemble de nos professions, la r&eacute;duction d&rsquo;une heure, voire d&rsquo;un peu plus dans certaines branches d&rsquo;activit&eacute;, n&rsquo;a pas eu l&rsquo;impact souhaitable en mati&egrave;re d&rsquo;emplois. Il convenait donc de rappeler que notre F&eacute;d&eacute;ration a, de tout temps, r&eacute;clam&eacute; que toute r&eacute;duction des horaires de travail soit suivie d&rsquo;une embauche correspondante. Cette exigence dans cette p&eacute;riode o&ugrave; le probl&egrave;me de l&rsquo;emploi reste prioritaire, demeure plus que jamais d&rsquo;actualit&eacute;&nbsp;&raquo;. La R&eacute;solution est particuli&egrave;rement claire contre le &laquo;&nbsp;projet de loi Auroux [&hellip;] qui, au nom de l&rsquo;expression directe des travailleurs, vise &agrave; la destruction du mouvement syndical&nbsp;&raquo; et condamne &laquo;&nbsp;les dispositions du projet Auroux qui vise &agrave; ren&eacute;gocier les salaires, entreprise par entreprise, dans le cadre d&rsquo;une masse salariale fix&eacute;e nationalement par &ldquo;les conventions de branche ou les accords professionnels ou interprofessionnels applicables dans l&rsquo;entreprise&rdquo;. Affirme que toute notion d&rsquo;obligation est incompatible avec la libre n&eacute;gociation. Consid&egrave;re notamment qu&rsquo;une obligation annuelle de n&eacute;gocier aboutit &agrave; vider la pratique conventionnelle de son v&eacute;ritable contenu&nbsp;&raquo;. Pour ce qui concerne la S&eacute;curit&eacute; Sociale, souligne que &laquo;&nbsp;quelle que soit la composition des conseils, le probl&egrave;me essentiel est de r&eacute;duire le pouvoir discr&eacute;tionnaire des minist&egrave;res de tutelle qui prive les conseils de la plupart de leurs pr&eacute;rogatives&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1983&nbsp;: Contre &laquo;&nbsp;un plan de rigueur ou d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo; impos&eacute; par J. Delors</h5>
	<div>
		<p>
			1983 voit se mettre en place, avec la d&eacute;valuation du franc initi&eacute;e par Delors le<br />
			21 mars, ce que la FEC d&eacute;nonce comme &laquo;&nbsp;un plan de rigueur ou d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp;; soit par adoption, au Conseil des ministres du 25 mars 1983, d&rsquo;un pr&eacute;l&egrave;vement de 1% sur le revenu imposable, d&rsquo;un emprunt obligatoire remboursable, d&rsquo;une diminution des d&eacute;penses &eacute;conomiques et sociales et la limitation des devises touristiques. Le pr&eacute;l&egrave;vement de 1% est d&rsquo;autant plus probl&eacute;matique, qu&rsquo;il est justifi&eacute; par la n&eacute;cessit&eacute; de combler le d&eacute;ficit de la S&eacute;curit&eacute; Sociale, sans que la question des transferts et des charges indues du r&eacute;gime g&eacute;n&eacute;ral ne soit pos&eacute;e. Comme l&rsquo;&eacute;crit Andr&eacute; Montagne&nbsp;: &laquo;&nbsp;une nouvelle fois, c&rsquo;est une solidarit&eacute; &agrave; sens unique qui va durement se ressentir sur le pouvoir d&rsquo;achat de ces cat&eacute;gories qui, dans leur grande majorit&eacute;, n&rsquo;ont jamais sp&eacute;cul&eacute; contre le franc. A quand le changement de cette fiscalit&eacute; inique qui frappe toujours les m&ecirc;mes&nbsp;&raquo; (JEC du 7 avril&nbsp;- lequel comporte &eacute;galement, initiative de la FEC, une p&eacute;tition &agrave; signer et &agrave; renvoyer, en solidarit&eacute; avec les syndicalistes de Solidarnosc, au Comit&eacute; Contre les Proc&egrave;s de Varsovie).</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1985&nbsp;: Pour le contrat collectif et non l&rsquo;individualisation du contrat de travail</h5>
	<div>
		<p>
			Lors du Conseil National de la FEC des 21 et 22 novembre 1985, la R&eacute;solution &laquo;&nbsp;condamne les projets de flexibilit&eacute;, notamment l&rsquo;actuel texte du Gouvernement sur l&rsquo;am&eacute;nagement du temps de travail, qui visent &agrave; remettre en cause le contrat collectif de travail au profit du contrat individuel de louage de services. D&eacute;nonce le r&ocirc;le particuli&egrave;rement nocif jou&eacute; dans ce domaine par la CFDT et la CGC&nbsp;; le matraquage scandaleux orchestr&eacute; actuellement par les mass media (en particulier la radio et la t&eacute;l&eacute;vision) visant &agrave; pr&eacute;senter ces projets r&eacute;actionnaires comme des novations positives pour les salari&eacute;s&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1986&nbsp;: La &laquo;&nbsp;comp&eacute;titivit&eacute;&nbsp;&raquo;, rengaine du CNPF et des ultras du lib&eacute;ralisme</h5>
	<div>
		<p>
			Lors d&rsquo;un colloque d&eacute;but 1986, le num&eacute;ro&nbsp;2 du CNPF, Chotard d&eacute;clare&nbsp;: &laquo;&nbsp;il faudra bien qu&rsquo;un jour les partenaires sociaux se retrouvent autour d&rsquo;une table pour tenter de ma&icirc;triser les nouvelles technologies. Cependant cette question ne devrait pas &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;e s&eacute;par&eacute;ment, mais en prenant en compte l&rsquo;ensemble des autres probl&egrave;mes concernant la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises&nbsp;&raquo;. Ce que la FEC commente&nbsp;: &laquo;&agrave; ce sujet, certains n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; comparer la S&eacute;curit&eacute; Sociale &agrave; Renault ou au Cr&eacute;dit du Nord. Qu&#39;est-ce qui rapproche une fabrique d&rsquo;automobiles, un organisme financier &agrave; but lucratif d&rsquo;une caisse de S&eacute;curit&eacute; Sociale&nbsp;? Rien, sinon la volont&eacute; politique de traiter l&rsquo;Institution en entreprise comp&eacute;titive, et donc concurrentielle&nbsp;&raquo;. (JEC du 5 mars 1986).</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1989&nbsp;: Non &agrave; l&rsquo;Europe &laquo;&nbsp;oc&eacute;an de lib&eacute;ralisme&nbsp;&raquo; et pour &laquo;&nbsp;un droit social europ&eacute;en&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p>
			L&rsquo;Echo des Employ&eacute;s et Cadres consacre ses num&eacute;ros de l&rsquo;ann&eacute;e 1989 &agrave; l&rsquo;Europe. Dans le num&eacute;ro&nbsp;83 (1er trimestre), Marc Blondel, commentant l&rsquo;entr&eacute;e en vigueur de l&rsquo;Acte unique europ&eacute;en, le 1er janvier 1993, &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;dans l&rsquo;&eacute;tat actuel des choses, force est de constater que la d&eacute;marche retenue accentue le caract&egrave;re &eacute;conomique et financier de l&rsquo;int&eacute;gration europ&eacute;enne et laisse de c&ocirc;t&eacute; toute la construction sociale de l&rsquo;Europe.<br />
			Le march&eacute; se pr&eacute;sente d&egrave;s lors sous l&rsquo;aspect d&rsquo;un oc&eacute;an de lib&eacute;ralisme pour les capitaux o&ugrave; la d&eacute;r&eacute;glementation le disputerait &agrave; la permissivit&eacute; [&hellip;] pour notre part nous ne pouvons accepter l&rsquo;id&eacute;e selon laquelle les salari&eacute;s pourraient faire les frais de cette harmonisation [&hellip;] le &ldquo;social&rdquo; ne peut pas &ecirc;tre un simple sous-produit de l&rsquo;&eacute;conomique [&hellip;] Force Ouvri&egrave;re est partisane de la mise en place d&rsquo;un droit social europ&eacute;en assurant des garanties aux travailleurs, formule de loin pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; la notion floue d&rsquo;espace social europ&eacute;en&nbsp;&raquo;.<br />
			&nbsp;</p>
	</div>
</div>
<h4>
	<br />
	1990 &ndash; 2004<br />
	La FEC pour la d&eacute;fense de la S&eacute;cu,<br />
	du contrat de travail et des retraites</h4>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1990&nbsp;: 47&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral<br />
		&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Contre un contrat de travail &laquo;&nbsp;qui ram&egrave;ne un si&egrave;cle en arri&egrave;re&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p>
			Au terme de ce Congr&egrave;s, qui se d&eacute;roule &agrave; Reims, du 6 au 9 novembre 1990, la R&eacute;solution g&eacute;n&eacute;rale affirme&nbsp;: &laquo;&nbsp;lorsque l&rsquo;&eacute;conomique prend le pas sur le politique, lorsque la cr&eacute;dibilit&eacute; du monde politique tend &agrave; &ecirc;tre remise en cause, lorsque le consensus pr&eacute;tend masquer les r&eacute;alit&eacute;s, lorsque les in&eacute;galit&eacute;s et les exclusions tendant &agrave; se d&eacute;velopper, la d&eacute;mocratie se trouve fragilis&eacute;e [&hellip;] La CGT-FO a toujours mis en avant la primaut&eacute; du syndicat sur toute autre forme de repr&eacute;sentation des travailleurs. C&rsquo;est pourquoi le Congr&egrave;s d&eacute;nonce toutes les formules qui conduisent &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration des syndicats &agrave; l&rsquo;Etat, &agrave; l&rsquo;entreprise&nbsp;&raquo;. Le Congr&egrave;s condamne &laquo;&nbsp;la politique dite de &lsquo;traitement social du ch&ocirc;mage&rsquo;, en particulier toutes les mesures contenues dans les diff&eacute;rents plans emplois. A la l&eacute;gitime revendication du droit du travail pour tous, cette politique oppose &lsquo;l&rsquo;insertion sociale&rsquo; et &lsquo;l&rsquo;assistanat&rsquo; qui aboutissent de fait &agrave; exclure du champ d&rsquo;application du code du travail, des conventions collectives et des statuts, une fraction grandissante de la classe ouvri&egrave;re [&hellip;] Ce retour &agrave; cette forme de contrat individuel de louage de services qui ram&egrave;ne un si&egrave;cle en arri&egrave;re reconstitue, en r&eacute;alit&eacute;, un sous-prol&eacute;tariat&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		1990&nbsp;: &laquo;&nbsp;La S&eacute;cu, elle est &agrave; nous, on s&rsquo;est battu pour la gagner,<br />
		&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; on se battra pour la garder&nbsp;!&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p>
			La Contribution Sociale G&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e provoque des manifestations intersyndicales dans la France enti&egrave;re, car il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un imp&ocirc;t retenu &agrave; la source (article&nbsp;1 du projet de loi) et d&rsquo;une fiscalisation du financement de la protection sociale&nbsp;; ce qui est aux antipodes du financement solidaire par les cotisations salariales et patronales. Le 16 octobre 1990, il y a 30&nbsp;000 manifestants &agrave; Paris, 7 000 &agrave; Marseille et des milliers dans d&rsquo;autres villes pour la d&eacute;fense de la S&eacute;curit&eacute; Sociale et l&rsquo;opposition &agrave; la CSG. Avec un mot d&rsquo;ordre clair&nbsp;: &laquo;&nbsp;la S&eacute;cu, elle est &agrave; nous, on s&rsquo;est battu pour la gagner, on se battra pour la garder&nbsp;!&nbsp;&raquo;.<br />
			Les militants en gr&egrave;ve de la CPAM de l&rsquo;Essonne sont en t&ecirc;te du d&eacute;fil&eacute;. Le 14 novembre, ce sont &agrave; nouveau des manifestations dans toute la France. Devant le Parlement, M. Rocard engage la responsabilit&eacute; du gouvernement pour faire passer la CSG et annonce qu&rsquo;il &laquo;&nbsp;traquera le gaspillage&nbsp;&raquo; et fera &laquo;&nbsp;&eacute;conomiser 10 milliards de francs &agrave; l&rsquo;Assurance maladie en 1991&nbsp;&raquo;. En clair, le &laquo;&nbsp;d&eacute;ficit&nbsp;&raquo; est bien un pr&eacute;texte et la CSG est seulement une br&egrave;che d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment ouverte dans le mode de financement de la protection sociale. D&eacute;truire cette derni&egrave;re demeure l&rsquo;objectif. La FEC condamne &eacute;galement le rapport Teulade sur les retraites (selon le rituel antid&eacute;mocratique de la commande du pouvoir &agrave; un courtisan-expert d&rsquo;un rapport pr&eacute;&eacute;crit)&nbsp;et Yves Simon &eacute;crit&nbsp;: &laquo;&nbsp;tout est donc en place pour que les salari&eacute;s qui en ont les moyens souscrivent des engagements aupr&egrave;s des Compagnies d&rsquo;assurances [&hellip;] au risque de nous r&eacute;p&eacute;ter, nous affirmons que sur ce dossier comme sur les pr&eacute;c&eacute;dents concernant l&rsquo;assurance maladie, on nous trompe&nbsp;&raquo; (L&#39;Echo des Employ&eacute;s et Cadres du 1er trimestre&nbsp;1991).</p>
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	<h5>
		1994&nbsp;: Victoire contre le CIP</h5>
	<div>
		<p>
			Le 16 janvier 1994, la FEC participe &agrave; la manifestation lanc&eacute;e par la CGT-FO &laquo;&nbsp;sur ses positions&nbsp;&raquo;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Fonds publics &agrave; l&rsquo;&eacute;cole publique, fonds priv&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;cole priv&eacute;e/Abrogation des accords Lang-Cloupet/ Retrait de la modification de la loi Falloux&nbsp;&raquo;. Le 17 mars 1994, les mots d&rsquo;ordre de la manifestation d&rsquo;opposition &agrave; la politique gouvernementale sont&nbsp;: &laquo;&nbsp;Non au SMIC Jeunes&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Non &agrave; la loi quinquennale&nbsp;&raquo;. Pour FO, le CIP &laquo;&nbsp;revient &agrave; instituer un livret de travail&nbsp;&raquo; (retour &agrave; 1803&hellip;) et &agrave; payer des jeunes, y compris dipl&ocirc;m&eacute;s, &agrave; 80&nbsp;% du SMIC revenant &laquo;&nbsp;&agrave; diminuer les salaires pour soi-disant &ecirc;tre comp&eacute;titifs&nbsp;&raquo;.<br />
			Le titre de l&rsquo;&eacute;ditorial de Rose Boutaric est net : &laquo;&nbsp;Le CIP doit &ecirc;tre abrog&eacute;&nbsp;!&nbsp;&raquo;(JEC du 31 mars 1994). Les organisations syndicales r&eacute;gionales CFDT, CFTC, FO, CGT, FEN, FSU, UNEF, UNEF-ID se sont r&eacute;unis, le lundi 14 mars 1994, en vue d&#39;organiser la manifestation du 17 mars &agrave; Paris contre le SMIC-jeunes. Cette manifestation est un succ&egrave;s, en d&eacute;pit de provocations polici&egrave;res (et de groupes apparent&eacute;s), lesquelles ne cesseront pas durant tout le mouvement. Le 25 mars, les manifestations ont une ampleur nouvelle&nbsp;: 40&nbsp;000 &agrave; Paris, 30&nbsp;000 &agrave; Lyon, 15&nbsp;000 &agrave; Toulouse, 12&nbsp;000 &agrave; Lille, 10&nbsp;000 &agrave; Grenoble et &agrave; Montpellier, 8&nbsp;000 &agrave; Marseille, &agrave; Saint-Etienne, &agrave; Nantes, 5&nbsp;000 &agrave; N&icirc;mes et &agrave; Bordeaux. Le sommet du mouvement, le 31 mars, est celui de l&rsquo;alliance du mouvement syndical et social et de la jeunesse. Le gouvernement Balladur est contraint &agrave; la reculade et annule le projet, bien qu&rsquo;inscrit dans la loi.</p>
	</div>
</div>
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	<h5>
		1995&nbsp;: Contre le plan Jupp&eacute;, &laquo;&nbsp;gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale interprofessionnelle&nbsp;&raquo;</h5>
	<div>
		<p>
			R&eacute;uni le 6 novembre, le Bureau F&eacute;d&eacute;ral mandate Rose Boutaric, pour le CCN du<br />
			13 novembre, afin de demander une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale interprofessionnelle &laquo;&nbsp;pour la d&eacute;fense de la S&eacute;curit&eacute; Sociale&nbsp;&raquo;, car &laquo;&nbsp;la d&eacute;fense de la retraite par r&eacute;partition [&hellip;] passe par une opposition r&eacute;solue aux fonds de pension, &agrave; la retraite par capitalisation, qui liquident la solidarit&eacute; ouvri&egrave;re&nbsp;&raquo;. Le CCN du 13 novembre &laquo;&nbsp;d&eacute;cide d&rsquo;appeler les salari&eacute;s &agrave; 24 heures de gr&egrave;ve&nbsp;&raquo;. Apprenant que le CCN de FO a d&eacute;cid&eacute;, le 13 novembre, d&rsquo;une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale interprofessionnelle pour le 28, Le Monde du 16 novembre, citant les interventions dubitatives ou oppos&eacute;es de Viannet, pour la CGT et Notat pour la CFDT, conclue au &laquo;&nbsp;cavalier seul de FO&nbsp;&raquo;&hellip; La premi&egrave;re proposition du Plan Jupp&eacute;, c&rsquo;est un r&eacute;gime &laquo;&nbsp;universel&nbsp;&raquo;, soit un r&eacute;gime a minima. La seconde grande mesure est, cons&eacute;cutivement, la mise en place d&rsquo;une &laquo;&nbsp;&eacute;pargne&ndash;retraite&nbsp;&raquo;, soit de la capitalisation pour l&rsquo;unique int&eacute;r&ecirc;t de groupes priv&eacute;s. La troisi&egrave;me mesure est la remise en cause des r&eacute;gimes dits &laquo;&nbsp;sp&eacute;ciaux&nbsp;&raquo; que les salari&eacute;s (SNCF, EDF, Mines, Clercs de notaire&hellip;) se payent, sans l&eacute;ser personne, mais qui sont plus avantageux. Le Monde du 5 d&eacute;cembre titre&nbsp;: &laquo;&nbsp;Marc Blondel appelle &agrave; radicaliser l&rsquo;action&nbsp;&raquo;. Le 12 d&eacute;cembre, le mouvement de gr&egrave;ve d&eacute;passe largement les deux millions de manifestants&nbsp;avec 270 manifestations dans toute la France (la pr&eacute;fecture de police donnant le chiffre &eacute;trangement pr&eacute;cis de 985&nbsp;000, selon Le Monde du 13 d&eacute;cembre). Aussi, le 15 d&eacute;cembre, le gouvernement retire-t-il sa contre-r&eacute;forme sur les retraites, la fonction publique et les r&eacute;gimes sp&eacute;ciaux (SNCF, RATP, EDF). C&rsquo;est une victoire historique &agrave; l&rsquo;initiative de FO. Sinon que le budget de la S&eacute;curit&eacute; Sociale, serait dor&eacute;navant vot&eacute; au Parlement, modifiant dans un sens non-d&eacute;mocratique le fonctionnement m&ecirc;me de la S&eacute;curit&eacute; Sociale. Les 22 et 23 septembre 1995, &agrave; Limoges, la CGT-FO avait c&eacute;l&eacute;br&eacute; le centenaire de la CGT libre et ind&eacute;pendante &laquo;&nbsp;qu&rsquo;elle continue&nbsp;&raquo;.</p>
	</div>
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	<h5>
		2003&nbsp;: Plan Fillon-CFDT des retraites pour les assurances priv&eacute;es</h5>
	<div>
		<p>
			L&rsquo;ann&eacute;e 2003 est marqu&eacute;e par le mouvement social contre la loi Fillon du 21 ao&ucirc;t sur les retraites, laquelle comporte un Article&nbsp;107&nbsp;: &laquo;&nbsp;En compl&eacute;ment des r&eacute;gimes de retraite obligatoires par r&eacute;partition, toute personne a acc&egrave;s, &agrave; titre priv&eacute; ou dans le cadre de son activit&eacute; professionnelle, &agrave; un ou plusieurs produits d&#39;&eacute;pargne r&eacute;serv&eacute;s &agrave; la retraite, dans des conditions de s&eacute;curit&eacute; financi&egrave;re et d&#39;&eacute;galit&eacute; devant l&#39;imp&ocirc;t&nbsp;&raquo;, c&#39;est-&agrave;-dire l&rsquo;introduction d&rsquo;un syst&egrave;me par capitalisation, faisant droit, au pr&eacute;texte de l&rsquo;Europe, &agrave; une demande expresse des assurances priv&eacute;es. Les autres mesures sont l&rsquo;alignement de la dur&eacute;e de cotisation des fonctionnaires sur celle des salari&eacute;s du priv&eacute;: les fonctionnaires passant progressivement de 37,5 ann&eacute;es de cotisation &agrave; 40 ans en 2008 et la programmation de l&#39;allongement de la dur&eacute;e de cotisation pour tous au-del&agrave; de 40 ans&nbsp;; devant &ecirc;tre port&eacute;e &agrave; 41 ans (164 trimestres) en 2012. D&egrave;s le 1er f&eacute;vrier (500&nbsp;000 manifestants), le 3 avril, puis les 13 mai, 25 mai, 3 juin, 10 juin et 19 juin sont autant d&rsquo;&eacute;ch&eacute;ances r&eacute;ussies, mais qui ne suffisent pas &agrave; faire sortir le gouvernement qui entend, face &agrave; l&rsquo;intersyndicale CGT-FO/CGT/UNSA/FSU, se contenter de la collusion de la CFDT, puis du &laquo;&nbsp;sens des responsabilit&eacute;s&nbsp;&raquo; de la CGT [&hellip;] Le texte &laquo;&nbsp;tous dans la rue&nbsp;&raquo; de la FEC d&eacute;nonce&nbsp;: &laquo;&nbsp;le jeudi 15 mai 2003, la CFDT et la CFE-CGC ont donn&eacute; leur accord sur le projet de loi Fillon qui d&eacute;truit le droit &agrave; la retraite pour les salari&eacute;s du priv&eacute; &agrave; 60 ans. Ces deux Conf&eacute;d&eacute;rations, qui apr&egrave;s le plan JUPPE de 1995, apportent une fois encore, une aide pr&eacute;cieuse &agrave; un gouvernement lib&eacute;ral&nbsp;&raquo; (JEC du 23 mai 2003). C&rsquo;est bien un march&eacute; de dupes qui n&rsquo;a &eacute;t&eacute; avalis&eacute;, en d&eacute;pit d&rsquo;un mouvement de manifestation et de gr&egrave;ve culminant le 13 mai, passant par la trahison organis&eacute;e de la CFDT.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		2004&nbsp;: Contre la BCE et son dumping social,<br />
		&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; et contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;enveloppe ferm&eacute;e&nbsp;&raquo; &agrave; la S&eacute;cu</h5>
	<div>
		<p>
			Le 5 juin 2004, 200&nbsp;000 manifestants s&rsquo;opposent &agrave; la contre-r&eacute;forme Douste-Blazy, laquelle revient &agrave; l&#39;instauration d&#39;une franchise d&#39;un euro par ordonnance r&eacute;duisant &laquo;&nbsp;de facto le taux de couverture et p&eacute;nalise, en premier chef, les plus malades et les revenus les plus bas&nbsp;&raquo;, &agrave; la mise en place du &laquo;&nbsp;m&eacute;decin traitant&nbsp;&raquo; qui &laquo;ne vise qu&#39;&agrave; permettre les d&eacute;passements d&#39;honoraires syst&eacute;matiques des sp&eacute;cialistes&nbsp;&raquo;&nbsp;; au d&eacute;veloppement des m&eacute;dicaments g&eacute;n&eacute;riques comme &laquo;&nbsp;pr&eacute;texte &agrave; g&eacute;n&eacute;raliser la pratique du TFR (Tarif Forfaitaire de Responsabilit&eacute;), c&#39;est-&agrave;-dire le remboursement d&#39;un m&eacute;dicament sur la base du prix du g&eacute;n&eacute;rique et non pas en fonction de son prix r&eacute;el&nbsp;&raquo;&nbsp;; enfin l&rsquo;augmentation du taux de CSG pour les retrait&eacute;s &laquo;&nbsp;frappera davantage encore les retrait&eacute;s alors que le montant de leur retraite va baisser au cours des prochaines ann&eacute;es, loi Fillon oblige&nbsp;&raquo; (JEC du 28 mai). La mobilisation continue durant tout le mois.<br />
			&nbsp;</p>
	</div>
</div>
<h4>
	<br />
	2005 &ndash; 2016<br />
	La FEC contre l&#39;aust&eacute;rit&eacute; de droite comme de gauche<br />
	et pour l&#39;&eacute;mancipation humaine</h4>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		2005&nbsp;: 51&egrave;me Congr&egrave;s F&eacute;d&eacute;ral, pour le &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo; &agrave; la politique de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne</h5>
	<div>
		<p>
			Par sa R&eacute;solution g&eacute;n&eacute;rale de la FEC, le 51&egrave;me Congr&egrave;s de la FEC, r&eacute;uni du 31 mai au 3 juin 2005 &agrave; Pau, commentant le refus de lib&eacute;ralisme &eacute;conomique, par 55% des citoyens et citoyennes lors du r&eacute;f&eacute;rendum du 29 mai 2005, estime que&nbsp;: &laquo;&nbsp;par ce vote, les salari&eacute;s rejettent la politique de d&eacute;r&eacute;glementation et de privatisation impos&eacute;e par l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et appliqu&eacute;e depuis des ann&eacute;es par tous les gouvernements successifs. Le Congr&egrave;s note que ce vote met en &eacute;vidence un net clivage de classes sociales. Ce sont les ouvriers (76%), les employ&eacute;s (67%), mais aussi les jeunes (56% des 18/24 ans) qui ont massivement vot&eacute; &ldquo;non&rdquo;. Cela confirme la r&eacute;alit&eacute; de la lutte des classes. C&rsquo;est dans ce cadre que se d&eacute;veloppe notre action syndicale.&nbsp;Cette politique de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et des gouvernements aboutit, entre autres, &agrave; la baisse du pouvoir d&rsquo;achat des salari&eacute;s et &agrave; une augmentation dramatique du ch&ocirc;mage. En disant non, les salari&eacute;s manifestent leur volont&eacute; de mettre fin &agrave; une politique de d&eacute;localisation et de mise en concurrence des salari&eacute;s au d&eacute;triment de toutes les garanties collectives&raquo;. A cet &eacute;gard, le Congr&egrave;s regrette que la CES et UNI Europa aient pris position en faveur de la ratification du Trait&eacute; de constitution europ&eacute;enne, en d&eacute;pit des r&eacute;ticences exprim&eacute;es par de nombreux salari&eacute;s et par les organisations qui les repr&eacute;sentent, d&rsquo;autant plus que ce Trait&eacute; ne se r&eacute;f&egrave;re pas au &laquo;&nbsp;syndicalisme ind&eacute;pendant&nbsp;&raquo;, mais &agrave; la terminologie corporatiste des &laquo;&nbsp;partenaires sociaux&nbsp;&raquo; qui pr&eacute;tend confondre salari&eacute;s et employeurs.</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		2006&nbsp;: Victoire contre le Contrat Premi&egrave;re Embauche, Contrat Pr&eacute;carit&eacute; Exclusion</h5>
	<div>
		<p>
			Le CDI est cern&eacute; &laquo;&nbsp;de toutes parts par tous les CDD, int&eacute;rim, CNE et autres CDD &ldquo;seniors&rdquo;. D&eacute;j&agrave;, plus de la moiti&eacute; des offres d&rsquo;emploi d&eacute;pos&eacute;es &agrave; l&rsquo;ANPE sont des contrats pr&eacute;caires, ce qui prouve que l&rsquo;exception est devenue la r&egrave;gle.&nbsp;&raquo; (JEC du 21 janvier 2006). D&egrave;s le 7 f&eacute;vrier, la mobilisation se fait contre le Contrat Premi&egrave;re Embauche&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il serait illusoire de croire que le CPE d&eacute;bouchera sur un vrai CDI au bout de deux ans. Un jeune en CPE sera, au bout de deux ans, licenci&eacute; et remplac&eacute; par un autre jeune en CPE pour les deux prochaines ann&eacute;es&nbsp;&raquo; (JEC du 28 f&eacute;vrier). Tous contre le Contrat Pr&eacute;carit&eacute; Exclusion&hellip;qui re&ccedil;oit aussi l&rsquo;appellation de &laquo;&nbsp;contrat pr&eacute;caire d&rsquo;exploitation&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;contrat poubelle embauche&nbsp;&raquo;. Il y a pr&egrave;s de 500&nbsp;000 personnes dans les rues de 187 villes, le 7 f&eacute;vrier. Pour la FEC, la journ&eacute;e du 7 f&eacute;vrier constitue &laquo;&nbsp;un premier coup de semonce encourageant pour l&rsquo;avenir&nbsp;&raquo;. La FEC &laquo;&nbsp;apporte son soutien aux actions engag&eacute;es par les &eacute;tudiants et les lyc&eacute;ens et affirme que toutes les actions doivent rester syndicales&nbsp;&raquo; et s&rsquo;engage pour la journ&eacute;e du 7 mars (JEC du 23 f&eacute;vrier). Le 7 mars, il y a plus d&rsquo;un million de manifestants r&eacute;partis dans plus de 160 cort&egrave;ges dans toute la France. La CFDT a exclu toute participation au 16 mars, pr&eacute;f&eacute;rant d&eacute;filer exclusivement le 18 mars et ne souhaitant pas, contrairement &agrave; FO, l&rsquo;unit&eacute; d&rsquo;action avec les &eacute;tudiants et lyc&eacute;ens et la constitution, ipso facto, du rapport de force susceptible de faire reculer le gouvernement. Le JEC du 14 mars pr&eacute;cise&nbsp;: &laquo;&nbsp;plus de la moiti&eacute; des universit&eacute;s fran&ccedil;aises sont en gr&egrave;ve, voire occup&eacute;es, et plusieurs pr&eacute;sidents d&rsquo;universit&eacute; se sont adress&eacute;s au Premier Ministre pour lui demander de suspendre l&rsquo;application du CPE. La mobilisation s&rsquo;amplifie &eacute;galement c&ocirc;t&eacute; lyc&eacute;ens et les organisations lyc&eacute;ennes ont &eacute;galement appel&eacute; &agrave; manifester le 16 mars&nbsp;&raquo;. Le CCN de FO des 22 et 23 mars &laquo;&nbsp;appelle tous ses syndicats &agrave; se mobiliser pour assurer le succ&egrave;s de la gr&egrave;ve interprofessionnelle et des manifestations du 28 mars&nbsp;&raquo;. A terme, &laquo;&nbsp;le retrait du CPE, annonc&eacute; formellement par le Premier ministre le 10 avril, constitue une indiscutable victoire de la mobilisation enclench&eacute;e deux mois auparavant&nbsp;&raquo; et la le&ccedil;on qu&rsquo;il faut tirer est bien&nbsp;: &laquo; il faut remonter jusqu&#39;au combat contre le CIP de Balladur en 1994 pour trouver le dernier exemple d&#39;une mobilisation sociale qui rassemble les salari&eacute;s et la jeunesse. R&eacute;unis sur un mot d&#39;ordre commun (le retrait du CPE) les organisations syndicales de salari&eacute;s et les syndicats &eacute;tudiants et lyc&eacute;ens ont d&#39;embl&eacute;e instaur&eacute; un rapport de force devant le m&eacute;pris dont faisait preuve le Premier ministre.&nbsp;&raquo; (JEC du 19 avril).</p>
	</div>
</div>
<div data-switch-panel="data-switch-panel">
	<h5>
		2010&nbsp;: Pour les retraites par r&eacute;partition avec un financement &agrave; 13% du PIB<br />
		&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; et contre l&rsquo;escroquerie de la contre-r&eacute;forme Woerth</h5>
	<div>
		<p>
			Le 23 mars 2010, la CGT-FO appelle &agrave; manifester pour la d&eacute;fense des retraites par r&eacute;partition, une nouvelle fois mises en cause par le gouvernement (quand bien m&ecirc;me le dispositif Fillon ne pr&eacute;voyait pas de &laquo;&nbsp;revoyure&nbsp;&raquo; avant 2012&nbsp;!). Le Conseil National de la FEC des 5 et 6 mai 2010, dans sa R&eacute;solution, &laquo;&nbsp;s&#39;oppose &agrave; toute nouvelle remise en cause du syst&egrave;me de retraite par r&eacute;partition visant &agrave; favoriser les fonds de pension au travers notamment: du report de l&#39;&acirc;ge l&eacute;gal de 60 ans, de l&#39;allongement de la dur&eacute;e de cotisation, de la transformation du r&eacute;gime de base en syst&egrave;mes individuels par points&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;tient &agrave; exprimer sa solidarit&eacute; &agrave; tous les travailleurs confront&eacute;s &agrave; des plans d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; sans pr&eacute;c&eacute;dent impos&eacute;s par le FMI et l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, et apporte en particulier son soutien aux travailleurs Grecs en lutte contre un plan d&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; qui consiste &agrave; faire payer la facture de la crise &agrave; la classe ouvri&egrave;re&raquo;. Affirmant que l&rsquo;extension de la pr&eacute;carit&eacute; n&rsquo;est pas due &agrave; la fatalit&eacute;, mais est la r&eacute;sultante d&rsquo;une politique ultralib&eacute;rale [...] il d&eacute;nonce les politiques patronales et gouvernementales en direction des femmes et des jeunes qui visent &agrave; faire du CDI l&#39;exception et du CDD la r&egrave;gle. Enfin, il rappelle que chaque travailleur a droit &agrave; un vrai emploi et un vrai salaire.&nbsp;&raquo;. Il &laquo;&nbsp;appelle &agrave; la gr&egrave;ve interprofessionnelle&nbsp;&raquo; le 15 juin. Le Conseil National se f&eacute;licite de la position de la Conf&eacute;d&eacute;ration qui a refus&eacute; de poursuivre en 2010 &laquo;&nbsp;les journ&eacute;es d&rsquo;action &agrave; r&eacute;p&eacute;tition &agrave; l&rsquo;origine de la d&eacute;mobilisation des salari&eacute;s constat&eacute;e en 2009.&nbsp;&raquo;. Le Conseil National demande &laquo;&nbsp;l&rsquo;abrogation de la loi de 2008&nbsp;&raquo; sur la &laquo;&nbsp;repr&eacute;sentativit&eacute;&nbsp;&raquo; des seules organisations syndicales de salari&eacute;s, attentatoire &agrave; la libert&eacute; syndicale. Le 15 juin 2010, pour la journ&eacute;e de gr&egrave;ve interprofessionnelle appel&eacute;e par la seule CGT-FO, il y a 70&nbsp;000 manifestants &agrave; Paris&nbsp;; les autres organisations syndicales ayant opt&eacute;, comme en 2009, pour des journ&eacute;es d&rsquo;action successives, pr&eacute;f&egrave;rent d&eacute;filer le 24 juin 2010. Lorsque le projet de loi est pr&eacute;sent&eacute; devant le Parlement, le 7 septembre 2010, il y a pr&egrave;s de 3 millions de manifestants, dans tout le pays. Le 23 septembre, la mobilisation est encore plus forte. Il y trois millions et demi de manifestants et des arr&ecirc;ts de travail plus nombreux, notamment dans le priv&eacute;. Le mouvement s&rsquo;&eacute;largissant aux lyc&eacute;es, le gouvernement fait usage de la r&eacute;quisition contre les gr&eacute;vistes. Les manifestations du 28 octobre rassemblent pr&egrave;s de deux millions de participants malgr&eacute; les vacances scolaires, mais la CFDT se refuse &agrave; tout mouvement unitaire avec les lyc&eacute;ens et Ch&eacute;r&egrave;que, bien conscient du succ&egrave;s unitaire contre le CPE, en 2006, d&eacute;clare (La Croix du 30 septembre 2010)&nbsp;: &laquo;&nbsp;Appeler les lyc&eacute;ens &agrave; manifester, ce serait l&#39;arme du faible&nbsp;&raquo;. Alors que ce serait le rapport de force susceptible de l&rsquo;emporter. En ces conditions la loi est vot&eacute;e, mais ill&eacute;gitime, car d&eacute;rogeant &laquo;&nbsp;aux principes r&eacute;publicains&nbsp;&raquo; (FO Hebdo du 17 novembre).</p>
	</div>
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	<h5>
		2012&nbsp;: Bricorama et la lutte permanente pour le repos le dimanche</h5>
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		<p>
			Le 6 mars 2012, la FEC fait parvenir un courrier &agrave; la s&eacute;natrice Debr&eacute;, &agrave; l&rsquo;origine de l&rsquo;amendement permettant au patronat de l&rsquo;ameublement d&rsquo;ouvrir le dimanche. Cette derni&egrave;re, indiff&eacute;rente aux conditions de vie des salari&eacute;s, s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;clar&eacute;e choqu&eacute;e que la FEC ait obtenu la condamnation de l&rsquo;enseigne Bricorama qui entendait b&eacute;n&eacute;ficier, &agrave; sa fa&ccedil;on, de l&rsquo;amendement Debr&eacute;. Il est dit &agrave; la s&eacute;natrice que &laquo;&nbsp;cette loi que nous combattons avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue pour permettre aux entreprises qui d&eacute;rogeaient au repos dominical de b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un cadre l&eacute;gal&nbsp;&raquo;. La s&eacute;natrice osant pr&eacute;tendre qu&rsquo;elle d&eacute;fend l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des salari&eacute;s, il lui est demand&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;pourquoi, alors, avoir donn&eacute; aux employeurs la possibilit&eacute; de les obliger &agrave; travailler le dimanche sans majoration de salaire et sans repos compensateur, dans le secteur de l&rsquo;ameublement&nbsp;?&nbsp;&raquo; En janvier, &agrave; la demande de la FEC, et au nom du respect du repos dominical, l&#39;enseigne de bricolage avait &eacute;t&eacute; condamn&eacute;e &agrave; ne plus ouvrir le dimanche, sous peine d&#39;une astreinte de 30 000 euros par &eacute;tablissement et par dimanche ouvert. Bricorama avait fait appel et maintenu ses ouvertures dominicales jusqu&rsquo;&agrave; ce que, fin octobre, la Cour d&#39;Appel de Versailles confirme le jugement de janvier, poussant cette entreprise &agrave; finalement accepter de fermer ses magasins le dimanche. &laquo;&nbsp;L&#39;ordonnance de premi&egrave;re instance &eacute;tait ex&eacute;cutoire&nbsp;&raquo;, souligne Ma&icirc;tre Lecourt. &laquo;&nbsp;Le groupe a brav&eacute; volontairement une injonction judiciaire&nbsp;&raquo;. La lutte, commenc&eacute;e le 23 mai 1869, continue&hellip;</p>
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	<h5>
		2013&nbsp;: Non &agrave; &laquo;&nbsp;l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; de gauche&nbsp;&raquo;</h5>
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		<p>
			La FEC se joint &agrave; l&rsquo;organisation d&rsquo;un grand meeting militant &agrave; la Halle Freyssinet, le 24 janvier 2013. Et Serge Legagnoa peut &eacute;crire &laquo;&nbsp;nous, militants et adh&eacute;rents FO sommes [&hellip;] fiers de ne pas tomber dans l&rsquo;acceptation d&rsquo;une &lsquo;&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; de gauche&rsquo;&rsquo; qui serait plus douce que celle de droite. Fiers de ne pas collaborer &agrave; la comp&eacute;titivit&eacute; sur le dos des travailleurs et d&rsquo;eux seuls&nbsp;&raquo; (JEC n&deg;52, f&eacute;vrier 2013).<br />
			C&rsquo;est dire que le syndicalisme libre et ind&eacute;pendant ne peut que r&eacute;cuser un &laquo;&nbsp;dialogue social&nbsp;&raquo; o&ugrave; le rapport gouvernemental (du patron Gallois avec rang de &laquo;&nbsp;Commissaire G&eacute;n&eacute;ral &agrave; l&rsquo;Investissement&nbsp;&raquo;) reprend l&rsquo;id&eacute;ologie et les propositions du MEDEF, tandis que les organisations syndicales sont somm&eacute;es de se soumettre. L&rsquo;opposition de FO au pacte de responsabilit&eacute; et au CICE s&rsquo;en trouve justifi&eacute;e, dans le respect de la Charte d&rsquo;Amiens.</p>
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	<h5>
		2016&nbsp;: Contre la loi &rsquo;&rsquo;Travail&rsquo;&rsquo;</h5>
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		<p>
			La R&eacute;solution du Conseil National de la FEC FO tenu les 17 et 18 mai 2016 condamne loi &rsquo;&rsquo;Travail&rsquo;&rsquo;, qui d&eacute;truit un acquis d&eacute;mocratique et social majeur, la hi&eacute;rarchie des normes, mise en place par le Front Populaire, Jouhaux pour la CGT ainsi que Blum et Lebas pour le Parti Socialiste. L&rsquo;in&eacute;galit&eacute; devant la loi au sein de l&rsquo;entreprise est impos&eacute;e, &agrave; coup de 49-3 par un gouvernement minoritaire, aux ordres de la Commission de Bruxelles (syst&egrave;me &laquo;&nbsp;two pack&nbsp;&raquo; mis en place en 2013) et des march&eacute;s, pour un retour aux relations sociales du 19&egrave;me si&egrave;cle. La R&eacute;solution&nbsp;&laquo;&nbsp;soutient et encourage la mobilisation forte et continue des travailleurs et de la jeunesse contre le projet de loi &rsquo;&rsquo;Travail&rsquo;&rsquo; qui remet en cause les fondements des droits collectifs, notamment&nbsp;:<br />
			- inversion de la hi&eacute;rarchie des normes, entrainant la suppression du principe de faveur&nbsp;;<br />
			- destruction programm&eacute;e des conventions collectives de branches par le transfert de pans entiers du droit du travail et de la n&eacute;gociation collective au niveau de l&rsquo;entreprise&nbsp;;<br />
			- remise en cause des missions de la branche et des droits collectifs&nbsp;;<br />
			- destruction des droits individuels acquis&nbsp;;<br />
			- mise en cause des majorations d&rsquo;heures suppl&eacute;mentaires&nbsp;;<br />
			- d&eacute;r&eacute;gulation du temps de travail&nbsp;;<br />
			- facilitations des licenciements&nbsp;;<br />
			- d&eacute;mant&egrave;lement de la m&eacute;decine du travail&hellip;<br />
			- Ce projet s&rsquo;inscrit dans la continuit&eacute; et la logique des contre-r&eacute;formes de la repr&eacute;sentativit&eacute; syndicale de 2008 et des lois Macron et Rebsamen visant &agrave; d&eacute;truire le mod&egrave;le social fran&ccedil;ais [&hellip;] Le Conseil National de la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres FO appelle [&hellip;] &agrave; amplifier [&hellip;] partout des assembl&eacute;es g&eacute;n&eacute;rales afin de d&eacute;battre de la gr&egrave;ve reconductible, et de la poursuite de l&rsquo;action sur un seul mot d&rsquo;ordre&nbsp;: le retrait de la loi&nbsp;&raquo;. La loi &rsquo;&rsquo;Travail&rsquo;&rsquo; est d&rsquo;autant plus vot&eacute;e par deux recours &agrave; l&rsquo;article 49.3, que le gouvernement se sait minoritaire et refuse le d&eacute;bat d&eacute;mocratique comme le dialogue social.<br />
			Contre cette loi de retour aux relations sociales du 19&egrave;me si&egrave;cle et toute remise en cause du droit social, le combat de la FEC, initi&eacute; il y a plus d&rsquo;un si&egrave;cle, pour l&rsquo;&eacute;mancipation humaine et le progr&egrave;s social, continue plus que jamais.<br />
			&nbsp;</p>
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<h4>
	<br />
	Bibliographie et Sigles</h4>
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	<h5>
		Bibliographie</h5>
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		<p>
			Planais, Horace&nbsp;: Historique de la Chambre syndicale des employ&eacute;s de la r&eacute;gion parisienne, Imprimeries R&eacute;unies/F&eacute;d&eacute;ration du Livre, 1936.<br />
			da Silva, G&eacute;rard&nbsp;: Histoire de la F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres, 1893-2013, L&rsquo;Harmattan, 2013.</p>
	</div>
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	<h5>
		Sigles</h5>
	<div>
		<p>
			FNE&nbsp;: F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Employ&eacute;s<br />
			FNSE&nbsp;: F&eacute;d&eacute;ration Nationale des Syndicats d&rsquo;Employ&eacute;s<br />
			FEC&nbsp;: F&eacute;d&eacute;ration des Employ&eacute;s et Cadres<br />
			JEC : Journal des Employ&eacute;s et Cadres</p>
	</div>
</div>
