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	Les étapes d’une longue lutte revendicatrice de la Mutuelle à la Fédération</h2>
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	Pour sortir de la misère en &quot;faux-col&quot; Les étapes d&rsquo;une longue lutte revendicatrice de la Mutuelle à la Fédération</p>
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	1847 &ndash; La mutuelle</h3>
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	La première organisation connue d&rsquo;employés de commerce date de 1847. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une &quot;mutuelle appelée l&rsquo;Union du Commerce. Sous la seconde République (1841-1852), puis sous le second Empire les mutuelles s&rsquo;organisent et mènent une action professionnelle.</p>
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	1858 &ndash; Cirque de l&rsquo;imperatrice</h3>
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	En 1868, 3 000 employés se réunissent au Cirque de l&rsquo;Impératrice et menacent de faire grève si l repos du dimanche n&rsquo;est pas observé. L&rsquo;année suivante, 2 000 employés se retrouvent dans la salle d Grand-Orient et constituent la Chambre syndicale des Employés parisiens, qui compte bientôt 5712 adhérents et possède en caisse 5 885 F 50 (or, bien entendu).<br />
	Le dimanche 25 mai 1869, 8000 employés de magasin (sur 12000) cessent le travail.</p>
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	1876 &ndash; Premier congrès ouvrier</h3>
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	En 1870, la Chambre syndicale disparaît. Reconstituée après la Commune en 1871, elle n&rsquo;a guère d vie active, et cette situation dure jusqu&rsquo;en 1875.<br />
	En octobre 1876 se tient à Paris le premier Congrès ouvrier, et l&rsquo;on voit reparaître la Chambr syndicale des Employés. Cette chambre syndicale n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas d&rsquo;existence légale, et seules son admises, aux yeux de la loi, les sociétés de secours mutuel.<br />
	En 1879, les militants employés réclament une fois de plus la liberté d&rsquo;association et déposent u premier programme revendicatif.<br />
	En 1882, a lieu la première tentative de constitution d&rsquo;une Fédération syndicale des Employés, qu disparaîtra l&rsquo;année suivante. Dans le même temps, on voit apparaître un groupe libre d&rsquo;employés, d tendance anarchiste, sans statuts ni cotisations.</p>
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	1885 &ndash; Contre la loi sur les syndicats</h3>
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	La loi du 21 mars 1884, qui permet la constitution des syndicats, est mal accueillie chez les employés pour qui la déclaration obligatoire à la préfecture constitue une mesure de police.<br />
	En avril 1885, la Chambre syndicale décide qu&rsquo;elle ne se conformera pas à cette loi.</p>
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	1891 &ndash; Campagne contre les douze heures</h3>
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	La lutte s&rsquo;organise. La caisse de chômage, en 1891, se monte à 10 000 francs-or. La bataille pour la fermeture des magasins le dimanche, la clôture à sept heures du soir, continue avec acharnement.<br />
	L&rsquo;année 1891 voit s&rsquo;engager une campagne pour la limitation de la journée à douze heures, y compris les heures de repas. Les patrons repoussent cette demande.</p>
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	1901 &ndash; Les revendications des employés de banque</h3>
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	En 1901, ce sont les employés de banques qui établissent leur programme revendicatif : convention collective, retraites, congés payés de deux semaines par an.</p>
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	1903 &ndash; Pour la fermeture des magasins à 19 heures</h3>
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	En 1902 est lancé à nouveau un mouvement pour la fermeture des magasins à sept heures du soir.<br />
	Celle-ci sera obtenue en 1903 aux Galeries Lafayette. Victor Dalle lance l&rsquo;idée de l&rsquo;assurance- chômage, tandis que l&rsquo;on réclame un siège pour les vendeurs qui n&rsquo;ont pas le droit de s&rsquo;asseoir.</p>
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	1904 &ndash; Campagne pour le repos hebdomadaire</h3>
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	En 1904, plusieurs milliers d&rsquo;employés assistent à un meeting au cours duquel Arthur Rozier lance la campagne pour le repos hebdomadaire, qui durera toute l&rsquo;année dans toute la France.<br />
	En 1905, les employés d&rsquo;assurances s&rsquo;organisent à leur tour et adoptent les mêmes revendications que les employés de banques.</p>
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	1905 &ndash; la grève DUFAYEL</h3>
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	Cette année 1905 voit se dérouler une grève de dix jours chez Dufayel. La journée de travail est réduite à dix heures. Les employés réclament un repos hebdomadaire de trente-six heures.</p>
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	1906 - 1907 &ndash; Repos hebdomadaire et prud&rsquo;hommes</h3>
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	En 1906, la Chambre syndicale porte plainte contre le directeur du Printemps pour détournement de fonds. Le Directeur est condamné.<br />
	Cette même année voit (12 avril) l&rsquo;extension aux employés de la loi sur les accidents du travail et (13 juillet) le vote de la loi sur le repos hebdomadaire, que les patrons s&rsquo;efforcent immédiatement de saboter.<br />
	Le 27 mars 1907, autre victoire : l&rsquo;extension aux employés de la juridiction prud&rsquo;homale est enfin obtenue.</p>
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	1908 &ndash; Les syndicats &quot;jaunes&quot;</h3>
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	En 1908, nouvelle offensive patronale, sous une autre forme, celle de la création de &quot;syndicats jaunes&quot;. M. Maus, dirigeant de la Fédération patronale du Commerce, est l&rsquo;inspirateur de ces syndicats qui s&rsquo;efforceront de se former en fédérations, mais sans succès.<br />
	Le Bazar de l&rsquo;Hôtel de Ville, en 1909, tente de revenir à la fermeture à 19h30 au lieu de 19 heures. Une grève l&rsquo;en empêche. Mais le sabotage de la loi sur le repos hebdomadaire se poursuit et reçoit une aide officielle : le Conseil d&rsquo;Etat, après l&rsquo;avoir d&rsquo;abord repoussée, accorde une dérogation à la Samaritaine, pour quatorze rayons.</p>
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	1912 &ndash; La grève des employés de commerce à Lyon</h3>
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	En 1912, à Lyon, les employés de commerce font grève pendant un mois. La reprise du travail se fait sous la &quot;protection&quot; de 400 agents de police et de 50 gardes à cheval.<br />
	De grandes grèves se déroulent dans tous les magasins au lendemain de la guerre, en 1919.</p>
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	1921 &ndash; Les employés fidèles à la C.G.T.</h3>
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	En 1921, la Fédération est touchée par la scission confédérale. La grande majorité des employés demeure à la C.G.T., une minorité rejoint la C.G.T.U.</p>
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	1922 &ndash; Pour les 8 heures</h3>
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	En 1922, la loi de huit heures dans les villes de plus de 100 000 habitants est en discussion devant le Parlement. La Fédération intensifie sa campagne.<br />
	Les 14 et 15 août, à Paris, le Congrès fédéral décide une participation active à la campagne pour les Assurances sociales, s&rsquo;occupe de l&rsquo;enseignement technique et de l&rsquo;orientation professionnelle.</p>
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	1928 &ndash; Les assurances sociales</h3>
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	Lors du vote de la loi sur les Assurances sociales, qui interviendra seulement en 1928, et qui entrera en application en 1930, Georges Buisson rédige une brochure expliquant et commentant cette loi.<br />
	Le Congrès fédéral de 1928 demande la création des caisses primaires d&rsquo;Assurances sociales par les syndicats et pose les premiers principes d&rsquo;organisation des loisirs.</p>
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	1936 &ndash; Les grandes grèves avec occupation</h3>
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	Février 1934 voit les militants fédéraux participer activement à la lutte contre le fascisme. C&rsquo;est ensuite la réunification syndicale.<br />
	En juin 1936, la participation des employés de magasins aux grèves avec occupation est massive. L&rsquo;accord mettant fin aux grèves est signé au Ministère de l&rsquo;Intérieur, sous la présidence de Roger Salengro. Pour les banques, arbitrage de Vincent Auriol, Ministre des Finances.<br />
	Les conventions collectives<br />
	Les quarante heures et les congés payés<br />
	Les patrons acceptent d&rsquo;accorder des augmentations de salaires avec des minima garantis importants, réduisant la part de la guelte. L&rsquo;échelle mobile est instaurée, et surtout le conseil de discipline. Ainsi est combattu l&rsquo;arbitraire patronal, et les vendeuses ne se voient plus soumises à l&rsquo;alternative &quot;la porte ou le canapé&quot;.<br />
	La Convention Collective du commerce sera signée le 7 décembre 1936. Celles de la banque et de l&rsquo;assurance l&rsquo;avaient été le 3 juillet.<br />
	Sur le plan national, les travailleurs obtiennent la semaine de quarante heures et les congés payés.</p>
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	1940 &ndash; Refus de la charte du travail</h3>
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	Dès 1937, la réaction patronale se manifestera, mais une grève d&rsquo;une journée en décembre la stoppera. Malheureusement, en 1938, après les décrets Daladier-Raynaud et l&rsquo;échec de la grève du 30 novembre, la C.G.T. subit de cruels revers, ses militants sont pourchassés, renvoyés de partout.<br />
	Nouvelle scission de la C.G.T en pleine guerre (mars 1940), après que les communistes aient refusé de désavouer le pacte germano-soviétique. Après la défaite de juin 1940, la Fédération des Employés refuse la &quot;charte du travail&quot; de Pétain et ses militants prennent une part active à la Résistance.</p>
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	1947 &ndash; Grande grève des banques</h3>
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	L&rsquo;unité reconstituée en 1943, la Fédération, après la Libération, a une vie intense. De nombreuses conventions collectives sont signées, des caisses de retraites mises en place, la Sécurité sociale s&rsquo;organise. Des grèves éclatent, en dépit de l&rsquo;opposition communiste (c&rsquo;est l&rsquo;époque du &quot;produire d&rsquo;abord, revendiquer ensuite&quot;), en 1946 chez les employés de navigation, en 1947 chez les employés de presse.<br />
	En juin 1947, grande grève des banques, victorieuse. Une grève des employés de magasins est évitée à la dernière minute, les patrons ayant donné satisfaction après de longues heures de discussion.<br />
	Et c&rsquo;est, une fois de plus, la scission, en décembre 1947, et la constitution de la C.G.T FORCE OUVRIERE. L&rsquo;action se poursuit. Les employés de jeux font grève à trois reprises et l&rsquo;arrêt de travail dure d&rsquo;un mois à cinquante-cinq jours. A la Martinique, les employés de la &quot;Transat&quot; font une grève de quarante jours.<br />
	En juillet 1957, c&rsquo;est une nouvelle et victorieuse grande grève des banques. Les conventions collectives nationales<br />
	Les caisses de retraites et de chômage<br />
	L&rsquo;action fédérale ne se limite pas à ces grèves. Plus de quinze conventions nationales sont signées, les caisses de retraites complémentaires sont mises en place, le régime U.N.I.R.S. est créé, l&rsquo;A.R.R.C.O. et aussi l&rsquo;U.N.E.D.I.C., plus commodément appelée assurance-chômage.<br />
	Les employés de commerce doivent, une fois de plus, faire face à une violente offensive patronale contre les deux jours de repos consécutifs, offensive patronale qui a, on s&rsquo;en doute, l&rsquo;appui du gouvernement. La tactique des employeurs n&rsquo;a pas changé et, comme par le passé, la seule riposte est dans l&rsquo;action, la condition première de l&rsquo;action étant le renforcement de l&rsquo;organisation syndicale.</p>
